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Climat – Environnement DOSSIER : Le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : les enjeux environnementaux

mardi 7 juin 2016 à 11:52 Par Mikaël Roparz, France Bleu Loire Océan

L'idée de construire un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes soulève de nombreuses contestations, notamment écologiques. Pour les opposants, il est "nuisible" pour l'environnement.Les pro-aéroports estiment que le projet a été conçu pour répondre aux nouvelles exigences environnementales.

La question de l'environnement sur le site de Notre-Dame-des-Landes
La question de l'environnement sur le site de Notre-Dame-des-Landes © Maxppp - maxppp

Notre-Dame-des-Landes, France

Le site concerné par le projet d'aéroport est une grande zone humide préservée d'environ 1600 hectares. On y trouve plusieurs rivières mais aussi une centaine d'espèces protégées différentes. Le futur site de l'aéroport est occupé depuis 2009 par des militants anticapitalistes qui se relaient sur cette zone d'aménagement différé (ZAD) rebaptisée "zone à défendre". Ils entendent protéger un environnement qu'ils jugent fragiles et permettre à des agriculteurs installés sur le site de poursuivre leurs activités.

Des arguments soutenus par les écologistes. Pour EELV, le projet d'aéroport "est contraire aux objectifs du Grenelle de l'environnement, évoquant notamment la destruction de terres agricoles, l'augmentation des impôts locaux, l'impact du transport aérien sur l'effet de serre, la sous-utilisation des autres aéroports de la région et la destruction de 2 000 hectares d'une « zone de bocage très préservée".

"Un projet dangereux" (EELV)

Pour EELV, "il est inenvisageable que des terres agricoles et des zones humides d’une biodiversité inestimable soient sacrifiées pour un aéroport inutile alors que celui de Nantes Atlantique peut être optimisé. Pour les écologistes "ce projet d’aéroport est un projet dangereux pour l’environnement, pour les habitants et paysans qui vivent et travaillent sur ces terres agricoles, dangereux aussi pour les finances des collectivités locales et pour les territoires voisins."  La construction d'un aéroport sur ce site couperait en deux cette vaste zone humide, et constituerait donc une menace pour des populations d’espèces protégées ou considérées comme fragiles, comme le Triton marbré, le Triton crêté, le Lézard vivipare ou encore le Campagnol amphibie.

De nouvelles espèces protégées sur le site du futur aéroport ? - Maxppp
De nouvelles espèces protégées sur le site du futur aéroport ? © Maxppp

Le site bénéficie d'un "écosystème de bocage humide remarquable et un paysage d’une rare qualité" indique de son côté l'ACIPA, l'Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une association créée en 2000, dans le but de lutter contre le projet d'aéroport du Grand Ouest.

Un projet jugé "surdimensionné" par Ségolène Royal

Pour l'ACIPA, un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes est "coûteux", "destructeur" et surtout "inutile". Pour ces opposants, "Nantes et l'Ouest n'ont pas besoin d'un nouvel aéroport". "Nantes Atlantique peut-être parfaitement optimisé".

De son côté Ségolène Royal, qui n'a jamais caché son scepticisme à l'égard du projet actuel d'aéroport Notre-Dame-des-Landes, a invité à plusieurs reprises les élus à trouver un compromis sur le projet d'aéroport, soit en réduisant sa taille soit en modernisant l'aéroport actuel. S'il devait bien y avoir un aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, la ministre de l'Ecologie propose même une seule piste au lieu de deux. Ségolène Royal s'est aussi appuyée sur un rapport d'experts qui au début du printemps 2016 conclut à un projet "surdimensionné".  Dans leur rapport, les experts concluent que "les différents scénarios se résument en un choix entre une modernisation de Nantes Atlantique et un aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes redimensionné à une seule piste au lieu des deux prévues". La "solution avec un aéroport à une seule piste (...) nous paraît parfaitement pertinente, au-delà des besoins connus", a expliqué un des auteurs, Nicolas Forray.

Le 4 novembre 2015 à l'Assemblée, Manuel Valls avait affirmé que le projet de Notre-Dame-des-Landes était "important pour l'environnement". "L'actuel aéroport est au contact de trois zones Natura 2000, il n'est donc pas souhaitable de l'étendre. Si on veut être cohérent avec le rendez-vous de la COP21, alors il faut poursuivre les travaux", avait expliqué le Premier ministre.

Le député François de Rugy (Ecologistes!) a accusé l'Etat de ne pas avoir "joué cartes sur table" dans le dossier de l'aéroport de Notre-Dames-des-Landes, et d'avoir affirmé "sans le moindre élément concret" que l'agrandissement de l'actuel aéroport de Nantes nuirait à l'environnement.

Un aéroport "conçu pour répondre aux nouvelles exigences environnementales" (Ailes pour l'Ouest)

La question environnementale est aussi un des arguments des pro-aéroports. Mais les explications sont différentes. Protéger la faune et la flore c'est aussi ce que prônent les pro-aéroports. Les arguments reviennent régulièrement dans la bouche des partisans d'un transfert de l'actuel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Augmenter la taille de la piste de Nantes-Atlantique mettrait en péril l'équilibre écologique du lac de Grand-Lieu, zone protégée classée Natura 2000. Mais d'après un rapport dévoilé en février 2016 par Le Canard Enchaîné, cet allongement "ne présente pas de risque pour la faune de la réserve naturelle et n'augmente pas le péril aviaire".

Pour l'association "Des Ailes pour l'Ouest", qui milite pour le transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, "le transfert est totalement en phase avec la COP21". L’association Des Ailes pour l’Ouest fut créée en 2002 au moment du débat public. Relancée en 2012, elle compte près de 4000 adhérents, chefs d’entreprise, cadres, employés, ouvriers, étudiants, chômeurs, retraités...  Pour ses militants, le transfert de l'aéroport vers Notre-Dame-des-Landes "permet tout d’abord de réduire la première nuisance d’un aéroport, le bruit, par 50 en ramenant le Plan d’Exposition au Bruit de 42.000 personnes (80.000 demain) à 900 à Notre Dame des Landes.

EN SAVOIR PLUS >> Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : une consultation pour trancher un vieux débat