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Environnement DOSSIER : L'environnement : un enjeu électoral 2017

Le projet d'éoliennes à Lapradelle-Puilaurens retoqué par le préfet

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Par , France Bleu Roussillon

Y-aura-t-il un jour des éoliennes à Lapradelle ? Une entreprise voulait implanter six mâts sur les hauteurs de la commune, mais le préfet de l'Aude vient de prendre un arrêté de refus. L'entreprise envisage de déposer un recours.

Le château de Puilaurens, sur les hauteurs de Lapradelle (Aude).
Le château de Puilaurens, sur les hauteurs de Lapradelle (Aude). © Maxppp -

Lapradelle-Puilaurens, France

C'est un projet qui a été lancé il y a maintenant six ans : installer six éoliennes sur les hauteurs du village de Lapradelle-Puilaurens, à la limite de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, dans le Fenouillèdes. Les mâts de 135 mètres de haut devaient être situés à 1,5 kilomètres des premières habitations.

L'entreprise Res, basée à Avignon, a déposé un dossier, réalisé les différentes études. Mais le projet vient d'être retoqué par le préfet de l'Aude, un arrêté a été pris.

"Protection de la nature, de l'environnement et des paysages"

Les raisons sont à la fois esthétiques et environnementales. Le château Cathare de Puilaurens surplombe la commune de Lapradelle. Il date du 12e siècle, et il fait l'objet d'une candidature pour être classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

Depuis le château, on ne verrait pas les éoliennes, en revanche, on verrait les éoliennes et le château en même depuis un autre point, ce qui pourrait être incompatible avec un classement à l'Unesco. Par ailleurs, les éoliennes seraient visibles depuis le Pic de Bugarach, la route de Quillan et le village de Saint-Louis.

Les éoliennes de la forêt des Fanges depuis la D613 près de Quillan. - Radio France
Les éoliennes de la forêt des Fanges depuis la D613 près de Quillan. © Radio France - Charlotte Coutard

"Il ne faut pas refaire les erreurs du passé" (Hervé Baro).

Mais ce qui pose problème, c'est aussi la présence d'espèces protégées à proximité de cette zone : des aigles royaux, des vautours percnoptères et des grands tétras. Pour Hervé Baro, le président du syndicat qui gère le parc naturel régional, "il y a des incompatibilités" entre ces éoliennes et la présence d'espèces protégées.

"Ce qu'il faut savoir faire pour l'avenir c'est développer les énergies renouvelables, car c'est une absolue nécessité, et en même temps, le faire dans le respect des normes environnementales. Il ne faut pas, sous prétexte du développement des énergies renouvelables, refaire les erreurs qui ont pu être faites dans le passé sur le plan industriel, où on a parfois fait tout n'importe quoi. Il faut donc faire très attention, il y aura des zones où on pourra développer de l'éolien, d'autres sur lesquelles ce sera beaucoup plus difficile, voire impossible".

Hervé Baro, président du syndicat qui gère le PNR.

Une grosse déception pour l'entreprise

Mais l'entreprise ne compte pas renoncer, elle envisage de déposer un recours contre cet arrêté, ou proposer un nouveau projet. "On a là un projet qui est adapté au territoire et à ses enjeux, qui répond à l'objectif d'un équilibre entre, à la fois un développement éolien, mais un développement raisonné, puisqu'on ne parle là que de six éoliennes, et la préservation du milieu naturel, la protection du patrimoine, et des paysages, notamment avec le château de Puilaurens mais d'autres", affirme Jean-Paul Pin, chef de projet pour l'entreprise Res.

"On a également pris en compte le maintien du cadre et la qualité de vie des habitants, avec l'éloignement important par rapport aux premières habitations, aux hameaux et aux villages, donc c'est une déception".

Jean-Paul Pin, chef de projet pour l'entreprise Res.

Les éoliennes devaient être installées derrière ces montagnes. - Radio France
Les éoliennes devaient être installées derrière ces montagnes. © Radio France - Charlotte Coutard

Une manne financière qui s'envole

Le maire de Lapradelle est divisé sur ce sujet, entre son côté "citoyen qui aime la nature", et son côté "élu local". L'installation de ces six éoliennes devaient rapporter plus de 130 000 euros chaque année à la communauté de communes, qui regroupe 62 communes. "Soyons prudents de ne pas mettre trop de cloches de verre sur certaines zones, parce qu'il y a une espèce à protéger.

Il faut certes la protéger, mais je pense que l'être humain aussi est à protéger", lâche Jacques Galy, le maire de Lapradelle. "Je veux bien que l'on protège la chauve-souris ou autre chose, mais derrière on s'aperçoit que ces villages se désertifient, il n'y a plus personne, et je pense qu'un jour c'est l'être humain qu'il faudra protéger, et pas seulement certaines espèces".

Reportage France Bleu Roussillon

"J'aime la nature, mais je dis qu'il ne faut pas, sous couvert de la nature, faire n'importe quoi. Cet endroit des fanges est une zone lunaire, les vents ont tout balayé, il n'y a plus d'arbres, plus rien. Les pistes forestières sont déjà là, je pense que l'un pouvait aller avec l'autre. Même moi, je suis en contradiction avec le citoyen que je suis, et l'élu que je suis".

"Cet apport d'entreprises nouvelles nous ferait beaucoup de bien" (Jacques Galy).

Jacques Galy, maire de Lapradelle.

Jacques Galy, maire de Lapradelle. - Radio France
Jacques Galy, maire de Lapradelle. © Radio France - Charlotte Coutard
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