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Climat – Environnement

Le ras-le-bol des patatiers nordistes contre le grignotage des terres par les agriculteurs belges

lundi 6 août 2018 à 8:05 Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord

De plus en plus de parcelles nordistes sont sous louées illégalement à des producteurs belge qui n'ont pas les mêmes normes environnementales et sociales qu'en France. Les agriculteurs dénoncent une concurrence déloyale.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Maxppp

Wargnies-le-Grand, France

A Wargnies-le-Grand, près de Valenciennes, le projet d'implantation d'un lieu de stockage de 2700 mètres carrés pour un négociant belge de pommes de terre est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour une vingtaine de  "patatiers" du secteur. Ils sont de plus en plus confrontés au grignotage des terres par les voisins. 

Depuis une dizaine d'années, les belges doivent faire face à une explosion de l'industrie de la transformation de pommes de terre, le volume a été multiplié par plus de 5 en 8 ans .

Nos voisins cherchent donc des terres de l'autre côté de la frontière car chez eux elles se font de plus en plus rares et de plus en plus chères. 

Ils proposent donc à des agriculteurs français de sous louer leurs terres avec des prix alléchants. Le problème c'est que ces sous locations sont illégales, car la plupart du temps les agriculteurs ne sont pas propriétaires de leur terre.

C'est un sujet tabou, personne ne fait rien pour arrêter ce phénomène car certains agriculteurs y trouvent leur compte. On entend parler de sommes de plus en plus importantes entre 1200 et 2000 euros c'est un chiffre d'affaire extrêmement important, Antoine Jean, porte parole régional de la confédération paysanne

Antoine Jean , porte parole régional de la confédération paysanne

Une concurrence déloyale selon les patatiers nordistes

Le phénomène s'est accéléré il y a 4/5 ans avec la crise du lait et de la viande explique Mathieu Lhottelerie,  producteur à Wargnies le Grand. Une aubaine selon lui pour certains agriculteurs qui avaient du mal à sortir 700 à 800 euros de l'hectare. Mais le jeune producteur et ses collègues du Quesnoy veulent stopper le grignotage, car c'est de plus en plus compliqué pour eux de faire face à la concurrence qu'ils jugent déloyale des Belges soutenus par des industriels.

Ils ont des  subventions pour l'achat de matériel, des employés capables de travailler 80heures par semaine, une fiscalité beaucoup moins importante que chez nous, donc le prix de de production de la pomme de terre est beaucoup moins important que le nôtre, c'est plus possible d'accepter ça.

et des risques sanitaires et environnementaux 

Mathieu Lhottelerie pointe du doigt aussi les risques sanitaires et environnementaux, d'une part car les Belges n'ont pas de plants certifiés contrairement aux Français, en cas de maladies sur leurs plants, ils peuvent donc contaminer les champs voisins selon lui, et puis il y a aussi des risques environnementaux car ces agriculteurs ne sont pas soumis aux mêmes normes que les Français, résultat ils pulvérisent des phytosanitaires interdits depuis plusieurs années en France.

Le reportage de Rafaela Biry-Vicente

La confédération paysanne s'inquiète aussi de l'état des routes laissées par ce  qu'Antoine Jean appelle des "agri managers avec leurs engins très puissants " "ils défoncent les routes en roulant à plus de 40km/h"

Pour le syndicaliste plusieurs dizaines de milliers d'hectares seraient concernés dans le Nord et le Pas de Calais sur des parcelles qui sont de plus en plus loin de la frontière. Selon lui les producteurs n'hésitent pas à parcourir 100km pour s'installer.