Climat – Environnement

Le remplaçant de l'écotaxe sera un "péage de transit"

France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Loire Océan lundi 23 juin 2014 à 8:54

Portique écotaxe
Portique écotaxe © Maxppp

Exit la très controversée écotaxe poids lourds, voici un nouveau système de taxation des véhicules lourds qui roulent sur les axes sans péages. Le nouveau dispositif, confirmé dimanche par Matignon, est plus léger que l'écotaxe mais rapportera moins à l'Etat. Ni les bonnets rouges, ni les écologistes, ne se sont montrés satisfaits.

Les opposants à l'écotaxe ne voulaient plus en entendre parler : ils ont été exaucés. Il faudra désormais parler de "péage de transit". Matignon a confirmé la création de ce nouveau dispositif à partir du 1er janvier 2015, après que le quotidien régional Ouest France l'a révélé dimanche matin. 

Comment va fonctionner ce nouveau dispositif ?

Qui est concerné ? Comme pour l'écotaxe, le dispositif concerne uniquement les poids lourds, qui devront être équipés d'un boîtier GPS. Mais de nombreux véhicules sont exclus de cette nouvelle formule : les véhicules et les matériels agricoles, les camions de transport de lait , les véhicules des forains et des cirques. Sur quelles routes ? Seuls les "itinéraires de grand transit " qui voient passer plus de 2.500 poids lourds par jour seront concernés par ces nouveaux péages. Ce qui représente 4.000km du réseau routier français , essentiellement des grands itinéraires sans péages et des routes parallèles aux autoroutes à péage. C'est beaucoup moins que pour l'écotaxe, qui reposait sur 15.000km de réseau. En Bretagne, seul un axe est concerné , celui qui relie Saint-Lô à Nantes via Rennes. Quel est le prix de ce péage ? En moyenne, les poids lourds devront payer 13 centimes par kilomètre parcouru. Mais ce tarif de base pourra être ajusté en fonction du nombre de kilomètres parcourus, du niveau de pollution ou encore du nombre d'essieux du véhicule.Qu va gérer le système ? Comme pour l'écotaxe, c'est la société Ecomouv' qui sera chargée de mettre en oeuvre le dispositif. Manuel Valls a annoncé que l'Etat pourrait entrer au capital de la société, "pour assurer un meilleur contrôle ".  Une taxe "a minima" ? 

Le problème, c'est que ni les opposants à l'écotaxe – les fameux "bonnets rouges" bretons – ni ses plus fervents partisans – les écologistes – ne voient dans ce nouveau dispositif une bonne solution. Pour Christian Troadec, maire de Carhaix et porte-parole des bonnets rouges, "ce n'est pas le bon scénario ". Il continue à défendre des routes entièrement gratuites , notamment pour l'axe Saint-Lô-Nantes, et demande que le manque à gagner soit compensé par "les grandes sociétés autoroutières ". 

Dans le camp écologiste, le nouveau péage est une taxe "au rabais " pour le chef de file des députés écologistes François de Rugy, et une "taxe a minima " pour la secrétaire nationale d'Europe Ecologie – Les Verts, Emmanuelle Cosse. Le point de friction : ce nouveau projet rapportera moins que l'écotaxe . La recette attendue est de 550 à 560 millions d'euros, contre 800 millions espérés avec la défunte écotaxe :

"C'est un coup d'arrêt pour le financement de plusieurs dizaines de projets de transport en commun ; à l'opposé de l'ambition affichée d'engager la France dans la transition énergétique" — Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot

Reste une question : qu'adviendra-t-il des fameuses bornes et des portiques écotaxe, symboles de la contestation et de la lutte des bonnets rouges ? Le gouvernement ne l'a pas encore précisé. 

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