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Climat – Environnement

Le retraitement des déchets nucléaires en débat à Cherbourg

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Par , France Bleu Cotentin

Que faire des déchets nucléaires ? Cette question était au cœur d'une réunion publique mardi soir à La Glacerie, dans le cadre d'une série de débats organisés dans tout le pays avant le prochain plan national de gestion des matières radioactives.

Les bâtiments de l'usine de retraitement de la Hague (Manche) qui traite les combustibles usagés de nombreuses centrales.
Les bâtiments de l'usine de retraitement de la Hague (Manche) qui traite les combustibles usagés de nombreuses centrales. © Radio France - Alexandre Chassignon

Le but de ces discussions : recueillir l'avis des Français pour que le gouvernement puisse réfléchir à ce que ce plan contiendra. Antoine Tilloy est membre de la Commission particulière du débat public. Il a animé le débat à la Glacerie mardi soir. 

Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de ces débats ? 

Le but du débat national c’est de discuter très généralement de la gestion des matières et déchets radioactifs. Ce cinquième plan [de gestion des matières radioactives] est mis en débat. La commission nationale du débat public a nommé une commission particulière dont je suis membre, composée de huit personnes. Nous ne sommes pas professionnels, nous ne sommes pas liés à l’industrie nucléaire ou même aux anti-nucléaires. Notre but est d’organiser un débat neutre pour que tout le monde puisse discuter de ces questions. Et à la fin, cela permettra au ministère de la Transition écologique et solidaire de construire le nouveau plan, qui n’est pas encore écrit aujourd’hui.  

Deux heures et demi de discussions mardi à la Glacerie sur un thème ciblé, qui concerne directement le Cotentin : le recyclage du combustible... Qu'est-ce qui est ressorti de ces discussions ? 

Le thème, c’était effectivement le retraitement des combustibles nucléaires usés. Aujourd’hui les combustibles nucléaires usés sont retraités une unique fois. A l’avenir, ils pourraient être recyclés un nombre plus important de fois, ou au contraire ce recyclage pourrait être arrêté. C’était le but de la discussion d’hier de savoir dans quelle direction nous irions. On a donc écouté les arguments en faveur des deux options.

Le débat divise. Pour les associations écologistes notamment, ce recyclage est un mythe. Est-ce que ce sont des arguments que vous avez entendus ? 

La commission ne s’exprime pas sur le fond. Ce n’est pas notre objectif, le but est d’écouter le public, mais effectivement ce retraitement divise aujourd’hui. Pour donner deux exemples de critères : il y a d'une part l’avantage clair de ce retraitement sur l’économie de ressources naturelles, mais aussi des contraintes importantes liées à la manipulation de matières et déchets radioactifs. C’est donc cet équilibre - savoir comment on arbitre entre différents critères contradictoires - qui était l’objectif de la discussion d’hier. 

Justement, les critères pour arbitrer, vous les avez, ou bien ça va être le rôle de l’Etat ?

Un des objectifs de la discussion, c’était de faire émerger les critères, savoir quels sont les points importants, ce qu’on doit prendre en compte dans le choix d’une stratégie de retraitement plutôt qu’une autre. Cela permet ensuite d'éclairer la puissance publique qui elle in fine fera l’arbitrage entre ces différents critères pour le choix de la stratégie future.

Y a-t-il vraiment des solutions qui émergent de ces débats certes publics mais aussi assez spécialisés ?

Il est vrai que ces débats ont une forte composante technique. Malgré tout, l’avis du public est extrêmement important. Sur chaque critère on peut bien sûr faire discuter les experts : avec la méthode scientifique, on arrive à dire quelle approche est la meilleure. En revanche, on a des critères qui sont très difficiles à comparer entre eux, incommensurable : dans ce cas, le ressenti du public est important. Et c’est quelque chose qui sera pris en compte par le ministère à la fin. 

D'ailleurs cette consultation sert-elle vraiment à quelque chose ?

Le plan lui-même n’est pas écrit. Donc ça va inspirer la rédaction du plan. Ceci dit, il est vrai qu’aujourd’hui les conclusions de ce débat n’entraînent pas de prescription. On rendra simplement un compte rendu des arguments. Charge ensuite à l’Etat de faire ses choix.