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Climat – Environnement

Le réveil des abeilles au Pays basque

lundi 4 mars 2019 à 5:31 Par Valérie Menut, France Bleu Pays Basque

Au Pays basque, on vient de vivre un mois de février au parfum printanier. Soleil et chaleur ont fait éclore la végétation et réveillé les abeilles. Une activité précoce dans les ruches qui inquiète plus ou moins les apiculteurs.

Ce mois de février a été particulièrement doux, voire chaud, au Pays basque réveillant les ruches.
Ce mois de février a été particulièrement doux, voire chaud, au Pays basque réveillant les ruches. © Radio France - Valérie Menut

Pays Basque, France

C'est le printemps au milieu de l'hiver ! Le soleil a particulièrement brillé ce mois de février 2019 sur le Pays basque. Record d'ensoleillement battu : 182 heures alors que la moyenne est de 104 heures. Et ces journées ensoleillées ont été douces, faisant tomber un autre record : il a fait plus de 21° pendant au mois 8 jours sur le mois. On a même eu chaud avec par exemple relevé 28 degrés à Saint Palais le 27 février (26°7 à Saint Jean Pied de Port, 25°5 à Bayonne, Anglet et Biarritz ce même jour).  

Ces conditions météo ont fait éclore la végétation. Beaucoup d'arbres sont en fleurs, les pâquerettes, primevères et autres narcisses s'épanouissent, ce qui a eu pour conséquence de réveiller les abeilles. Elles sont sorties de leur léthargie hivernale et s'activent déjà beaucoup. Angela Mallaroni est ravie ! Apicultrice, elle possède 200 ruches notamment sur Ascain, et elle se réjouit que ses abeilles puissent déjà butiner, "parce que l'automne dernier a été très sec. Les abeilles n'ont pas pu faire beaucoup de réserves pour passer l'hiver. _Le fait qu'elles puissent sortir et se nourrir est donc une bonne chose_, d'autant que là elles profitent du pollen mais aussi du nectar des saules marsault qui ne miellent qu'au-dessus de 20° " explique-t-elle. "On verra comment la météo évolue, il ne faudrait pas qu'il gèle ou pleuve longtemps, mais pour l'instant les conditions sont bonnes, on ne va pas pleurer !"

Angela Mallaroni effectue une première inspection de ses ruches, réveillées après un court hiver. - Radio France
Angela Mallaroni effectue une première inspection de ses ruches, réveillées après un court hiver. © Radio France - Valérie Menut

Les abeilles qui sortent de la ruche en plein milieu de l'hiver, ce n'est pourtant pas forcément bon signe selon d'autres apiculteurs. Jacques Salles (dont les ruches sont installées à Bayonne et Anglet) s'inquiète de ce réveil précoce qui implique que "la reine commence à pondre. Il va falloir beaucoup de calories à la ruche. Et puis l'hiver, les abeilles se regroupent sur les cadres pour se tenir chaud. Que ça bouge autant dès février, ce n'est pas forcément très bon car si la population n'est pas assez nombreuse, elle va se décentrer, s'étaler sur les cadres et en cas de grands coups de froid -ce qui peut arriver les nuits- elle va vraiment souffrir". Et pour nourrir les essaims, si les saules miellent effectivement, ce n'est pas suffisant estime-t-il. "Il y a peu de nectar, mieux vaut leur apporter un peu de sucre, pour compenser".

L'hiver est terminé pour les abeilles ! - Radio France
L'hiver est terminé pour les abeilles ! © Radio France - Valérie Menut

Ces sautes d'humeur de la météo ont un impact sur l'activité des ruches et donc sur la production de miel. Outre le fait que cela déboussole les apiculteurs ("depuis quelques années, c'est un vrai point d'interrogation, avoue Jacques Salles. Avant, c'était très bien réglé, on faisait ici du saule et du noisetier pour lancer les colonies au printemps, arrivait ensuite l'acacia, puis le châtaignier et on concluait avec la bruyère. C'était l'apiculture classique. A présent, c'est un peu la roulette russe pour les productions"), cela épuise aussi plus vite les abeilles. L'insecte est déjà fortement impacté par les pesticides (les néonicotinoïdes ne sont interdits en France que depuis septembre dernier), les produits phytosanitaires, les acariens, les frelons asiatiques, et même les écobuages qui détruisent la végétation relève Frédéric Forsans, apiculteur et président du conservatoire de l'abeille noire du Pays basque. Autant de facteurs qui accroissent la mortalité des abeilles, d'où l'apparition d'une nouvelle spécialisation, un métier à part entière et en plein essor : éleveur d'essaims et de reines. Un paquet d'abeilles sur 5 cadres (une ruche en comporte 10) peut se vendre autour de 150 euros.

Ecoutez l'interview de Frédéric Forsans, président du conservatoire de l'abeille noire du Pays basque, pour qui il est important que les saisons soient marquées et régulières.