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Climat – Environnement

Le sanglier ce nouveau citadin

vendredi 12 janvier 2018 à 15:55 Par Marion Galland, France Bleu RCFM

Les sangliers gagnent de plus en plus les zones urbaines. Souvent en quête de nourriture, ils peuvent devenir dangereux ou envahissants et leur destruction est parfois décidée par les autorités. Mais cela reste exceptionnel.

Le sanglier fait partie des animaux pour lesquels des battues administratives sont organisées.
Le sanglier fait partie des animaux pour lesquels des battues administratives sont organisées. © Radio France - Florence Beaudet

Corse, France

On s’est amusé à les voir autour des locaux de RCFM à Ajaccio depuis quelques semaines, mais la problématique est sérieuse. 

Chaque année les sangliers se rapprochent un peu plus des zones urbaines ou périurbaines. Les chasseurs relèvent dans leurs carnets de battues effectuées en moyenne montagne une baisse « de plus de la moitié » de la population de sanglier, selon Paul Ettori, le président de la fédération des chasseurs de Corse-du-Sud.  Avec le temps les bêtes se sont déplacées sur le littoral. Pour trouver de l’eau et de la nourriture, moins abondante en raison notamment de la sécheresse, mais également en raison des nombreux croisements avec les porcs coureurs, qui sont élevés en liberté. « Ces croisements ont deux conséquences immédiates, les portées sont plus fréquentes et plus nombreuses et _les sangliers n’ont plus peur de l’homme_, le gène domestique a pris le dessus sur le gène sauvage » explique Paul Ettori, « ils s’approchent donc sans problème des habitations et viennent coloniser les endroits où ils trouvent de l’alimentation ».

Paul Ettori, président de la fédération des chasseurs de Corse-du-Sud, « il y a des croisements avec les porcs d’élevage, ils n’ont plus peur de l’homme »

Du côté d'Ajaccio on les voit depuis années du côté des Sanguinaires ou du parc Berthault, ils arrivent désormais tout près du centre-ville, à deux pas de la préfecture et de la place du Diamant. 

Ils se baladent tranquillement à la recherche de déchets dans les poubelles ou d’alimentation laissé pour les chats errants. 

Comment limiter leur présence ? 

Les battues étant interdites en zone urbaine, la seule solution est un abattage de nuit par des services spécialisés. Les lieutenants de louveterie, il y en a quatorze sur le département, peuvent être diligentés par la DDTM, la direction des territoires et de la mer, pour procéder à la « destruction » des bêtes. « Pour cela un signalement écrit doit être adressé aux services de l’État », explique Patrick Alimi, le directeur de la DDTM.  « Un repérage très complet est alors effectué sur les habitudes, les points d’eau, d’alimentation et les situations dans lesquelles une destruction pourrait avoir lieu ». 

sanglier - Radio France
sanglier © Radio France

Si de très nombreux cas sont signalés, les « destructions » sont très rares. « Sur une année, cela se compte sur les doigts de la main ». Les interventions en zone habitée sont très compliquées et la sécurité doit primer. « Les battues de jour sont interdites », poursuit Patrick Alimi, « donc il s’agit forcément de tirs de nuit ». Ces abattages, même s’ils restent rares, sont souvent mal vus, notamment par les associations de défense des animaux. « On a des meutes de sangliers qui peuvent devenir des dangers pour la population, il faut comprendre qu’à un moment donné on est obligé d’intervenir, on n'a pas vraiment le choix ». 

Patrick Alimi, DDTM, « le problème est complexe car nous sommes dans des zones urbaines »

Chasseurs et services de l’État sont un peu impuissants devant ce phénomène, qui se développe d'autant plus que de nombreux habitants continuent à les nourrir.

Ils restent des animaux sauvages

« Une dame m’avait appelé », se souvient Paul Ettori « elle était envahie de sangliers du côté du parc Berthault, elle m’explique qu’avant elle leur donnait des châtaignes mais que là elle n’avait plus rien ! » 

Les sangliers restent des animaux sauvages, il faut donc limiter les contacts, ne pas les nourrir. Quant à ceux qui rôdent autour de nos locaux, vont-ils se retrouver bientôt sur le cours Napoléon ? Paul Ettori rassure, « Non ! mais je ne serai pas étonné qu’ils viennent frapper à la porte de vos studios pour avoir un petit quelque chose à manger ! »

Promis nous ne céderons pas.

Si les sangliers restent des animaux sauvages ils n’ont plus peur de l’homme - Radio France
Si les sangliers restent des animaux sauvages ils n’ont plus peur de l’homme © Radio France - Marion Galland