Climat – Environnement

Le tueur de palmiers gagne du terrain dans les Pyrénées-Orientales

Par François David, France Bleu Roussillon vendredi 27 mars 2015 à 11:48 Mis à jour le jeudi 23 avril 2015 à 15:28

Les charançons grignotent l'intérieur des palmiers
Les charançons grignotent l'intérieur des palmiers © Radio France

Vingt-sept nouvelles communes du département sont officiellement contaminées par le charançon rouge. Les propriétaires de palmiers risquent de le payer très cher…

Vous avez un palmier dans votre jardin ? Vous risquez de vous en mordre les doigts… Le charançon rouge ne cesse de gagner du terrain dans les Pyrénées-Orientales. Repéré pour la première fois en 2008, cet insecte invasif est désormais recensé dans 44 communes de la Plaine du Roussillon, des Aspres et du Vallespir. 

Charançon - PIF

Arreté préfectoral
Si vous habitez l’une des communes ci-dessus, vous devez rapidement réaliser une inspection approfondie de vos palmiers, pour déterminer s’ils sont contaminés. Les services de l’Etat recommandent de renouveler cette surveillance tous les mois.

Premier cas de figure : mon palmier est malade

Pas de chance ! Vous devez immédiatement faire une déclaration en mairie, et faire appel à un professionnel agréé (vous trouvez la liste ici) pour abattre le palmier , selon des procédures très strictes. Facture : de 700 à 1 500 euros.

Si l’attaque de charançons vient juste de démarrer, le palmier pourra éventuellement être sauvé, en retirant la partie infestée (comme une carie dans une dent). Il vous faudra débourser de 300 à 500 euros.

Deuxième cas de figure : mon palmier n’est pas malade

Ne vous réjouissez pas trop vite. Si vous habitez à moins de 100 mètre d’une zone infestée (des détails -commune par commune- ici) vous avez l’obligation de réaliser des traitements préventifs (par pulvérisation ou par injection). Prévoir un budget de 300 à 400 euros chaque année !

Le charançon rouge est une espece nuisible pour les plantations de palmiers. - Maxppp
Le charançon rouge est une espece nuisible pour les plantations de palmiers. © Maxppp
Bref, quoiqu’il arrive, votre palmier va désormais vous couter très cher , parfois aussi cher qu’un animal de compagnie. « On ne peut plus voir le palmier comme il y a 10 ou 15 ans  » avertit Nicolas André, ingénieur agronome à la fédération régionale pour la défense contre les organismes nuisibles. « Aujourd’hui, quand on plante un palmier, il faut s’en occuper, régulièrement. Et des traitements sont nécessaires, plusieurs centaines d’euros par an  ».

Charançon

Pourquoi de telles sommes ? Parce que les professionnels doivent suivre des procédures très strictes . En cas d'abatage d'un palmier malade, par exemple, il faut protéger les abords avec des bâches, découper l'arbre sur place, confiner les déchets dans des sacs, et les acheminer vers une usine d'incinération ou de broyage.

Charançon - Internet

Résultat : de nombreux propriétaires de palmiers malades rechignent à faire intervenir un professionnel . Ils laissent l'arbre mourrir sur place. Ou ils le coupent eux-même et abadonnent les déchets dans la nature. Ce qui favorise la propagation de l'insecte.

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