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Climat – Environnement

Les abeilles sont, elles aussi, chamboulées par la douceur de l'hiver

lundi 28 décembre 2015 à 19:14 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan

La douceur du début de l'hiver perturbe aussi les abeilles. Normalement, elles devraient être "en sommeil", mais avec les températures élevées elles continuent d'essayer de butiner et les apiculteurs doivent s'adapter.

Les abeilles reviennent avec un peu de pollen
Les abeilles reviennent avec un peu de pollen © Radio France - Marion Fersing

Loire-Atlantique, France

La douceur qui refuse de laisser la place au froid chamboule aussi les habitudes des abeilles ! D'habitude, à cette époque de l'année, elles sont "en sommeil". C'est-à-dire qu'elles ne sortent que pour faire leurs besoins et qu'elles produisent juste ce qu'il faut de chaleur pour survivre à l'intérieur de la ruche. Sauf que là, avec des températures qui atteignent les 15 degrés l'après-midi, la reine continue de pondre et les abeilles continuent de sortir pour butiner ce qu'elles peuvent.

Les abeilles se comportent différemment avec la chaleur explique F.Alétru


Les abeilles se fatiguent à butiner

Joël Brochard s'occupe d'une douzaine de ruches à Nozay, au nord de Nantes. Dès qu'il s'approche de ses ruches, il voit bien la différence avec un hiver classique : "là, voyez, j'ai une ruchette très active ! C'est étonnant !". Les abeilles entrent et sortent sans interruption. L'apiculteur regardent leurs pattes avec attention : "je cherche à voir si elles transportent des pelotes de pollen. Mais là, il n'y a rien". Quelques minutes plus tard, d'autres butineuses reviennent avec des boules grises et jaunes accrochées à elles : "le gris, ce doit être du pollen de laurier et le jaune, celui des ajoncs". Effectivement, les deux plantes sont en fleur. Et ça aussi, c'est étonnant en cette saison.

Je leur ai mis du candi pour qu'elles aient suffisamment à manger

Le soucis, c'est donc que les abeilles cherchent et cherchent du pollen jusqu'à ce qu'elles en trouvent, sauf que, comme il y en a peu, elle se fatiguent. Alors Joël est obligé de les nourrir. "Je leur ai mis du candi (du sucre spécial pour les abeilles, NDLR) pour qu'elles aient suffisamment à manger. Et regardez ce qu'elles consomment !" Les abeilles ont effectivement bien attaqué le gros sac de 2,5 kilos. Elles en ont déjà dévoré quasiment un tiers, "d'habitude, c'est ce qu'elles ont consommé à la fin de l'hiver".

Joël Brochard devant deux de ses ruches à Nozay - Radio France
Joël Brochard devant deux de ses ruches à Nozay © Radio France - Marion Fersing

80% des abeilles qui vivent en pleine nature devraient pouvoir survivre grâce à leurs réserves

Pour autant, si la situation est inhabituelle, elle n'est pas très inquiétante pour Frank Alétru, qui possède plusieurs centaines de ruches à Saint-Laurent-de-la-Salle en Vendée. "Il faut juste que les apiculteurs soient vigilants. S'ils prennent soin de bien nourrir leurs abeilles, il n'y aura pas de problème". Il reconnait quand même que c'est plus compliqué pour les abeilles qui vivent en pleine nature. "Mais, celles-là, l'apiculteur ne vient pas prélever une partie de leurs réserves. 80% d'entre elles devraient donc avoir de quoi passer l'hiver".

La menace du frelon asiatique

Joël Brochard attend lui le retour des beaux jours pour voir dans quel état sont ses ruches. Et le froid qui n'arrive pas l'inquiète pour une autre raison : "en général, avec des températures bien froides, ça nous tue aussi quelques frelons asiatiques. Mais là, ils risquent d'être encore plus nombreux et de tuer encore plus d'abeilles au printemps".

Notre reportage à Nozay