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Climat – Environnement

Les agriculteurs isérois participent au mouvement de blocage des raffineries

dimanche 10 juin 2018 à 16:36 Par Julien Morin, France Bleu Isère

Treize raffineries et dépôts de carburants bloqués en France, dès dimanche soir, à l'appel de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs. Ils dénoncent la concurrence de l'huile de palme dans les biocarburants et "l'incohérence" de la politique du gouvernement. Des Isérois participent au mouvement.

La raffinerie de Feyzin bloquée par les agriculteurs dès dimanche soir
La raffinerie de Feyzin bloquée par les agriculteurs dès dimanche soir © Maxppp - PHOTOPQR/LE PROGRES

Isère, France

Une opération coup de poing pour protester contre la hausse attendue des importations d'huile de palme. Le détonateur de cette action a été la bio-raffinerie Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, qui va utiliser à partir de cet été 50% d'huile de palme importée pour produire du biocarburant. Cette concurrence est redoutée par les producteurs de colza français, oléagineux largement cultivé en France, qui permet de produire du biocarburant. Or, l'huile de palme importée d'Indonésie et de Malaisie coûte moins cher que le colza français.

"Depuis 25 ans, on a structuré une filière sur les oléoprotéagineux à base de colza, on a des accords avec Total, et aujourd'hui, ils se mettent d'accord avec le gouvernement (pour importer de l'huile de palme) qui se dit : 'c'est un peu moins cher, par contre les taxes seront plus grosses et la TVA sera toujours la même'" dénonce Jérôme Crozat, éleveur laitier à Janneyrias, et président de la FDSEA en Isère. "Les bernés la dedans, ça reste à la fois le producteur de colza, et le consommateur. Finalement, on ne payera pas moins cher le gazoil ou l'essence".

ÉCOUTEZ | Jérôme Crozat, éleveur laitier à Janneyrias, et président de la FDSEA en Isère

Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, une raffinerie et deux dépôts de carburants bloqués

Quatre raffineries Total sont concernées par les blocages : Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), Grandpuits (Seine-et-Marne) et Feyzin (Rhône). Neuf dépôts de carburant vont être également bloqués : Dunkerque (Nord), Grigny (Essonne), Coignières (Yvelines), Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Vatry (Marne), Strasbourg, Cournon (Puy-de-Dôme), le port Edouard Herriot à Lyon (Rhône) et Toulouse.

Une centaine d'agriculteurs venus de l'Isère vont participer aux rotations, sur le modèle des 'trois huit' pour assurer une présence sur les trois sites concernés par des blocages dans la région. Parmi eux, Sébastien Poncet, agriculteur à la Bâtie-Montgascon, et président des Jeunes agriculteurs (JA) en Isère : "on nous demande plus de produits de meilleur qualité, et à côté on importe des produits étrangers qui ne respectent aucune norme française. Toute la journée et toutes les nuits il y a des rotations qui sont prévues pour que l'on puisse bloquer toute la semaine jusqu'à ce que les choses avancent".

ÉCOUTEZ | Sébastien Poncet, agriculteur à la Bâtie-Montgascon, et président des Jeunes agriculteurs en Isère

Un blocage annoncé par la FNSEA pour "une durée indéterminée"

Si le mouvement de blocage des raffineries a été annoncé pour une durée indéterminée, il ne devrait pas provoquer rapidement de pénurie à la pompe selon le gouvernement. "La France dispose de trois mois de réserves stratégiques", explique dans Le Parisien une source du ministère des Transports. "Et si le mouvement venait à perdurer, nous prendrions des mesures pour approvisionner les stations essence en tension".

La France compte sept raffineries et 200 dépôts. Les conséquences de l’occupation des 13 sites ne seront donc pas visibles, sauf si le mouvement devait être amené à s'éterniser.