Climat – Environnement

Les agriculteurs sont-ils trop souvent désignés comme des pollueurs?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace mardi 24 juin 2014 à 11:39

Les agriculteurs rassemblés place de la Concorde, à Paris
Les agriculteurs rassemblés place de la Concorde, à Paris © Radio France - - Lorrain Sénéchal

La FNSEA appelait à manifester ce mardi un peu partout en France. Ils dénoncent de nouvelles contraintes, en particulier la limitation de l'épandage de pesticides près des habitations.

Le ministre de l'agriculture a voulu rassurer les agriculteurs ce mardi. Il n'est pas prévu d'interdire les épandages de pesticides à moins de 200 mètres des habitations. En Alsace, une telle interdiction signifierait que 30% des terres agricoles ne pourraient plus être cultivées selon la FDSEA. Le ministre parle plutôt de "protéger certains lieux d'éventuels phytosanitaires portés par le vent" . "Nous allons travailler, pour la loi d'Avenir, sur une solution qui permettra d'avoir un système de protection, directement sur les épandeurs ou des protections physiques, tels que haies par exemple. Si ces protections ne sont pas mises en oeuvre, nous devrons réfléchir à la question de la distance vis-à-vis des écoles, crèches et maisons de retraite", a détaillé Stéphane Le Foll.

"Un jour ou l'autre il faudra un langage de vérité sur les pesticides", réagit Jean-Pierre Frick, viticulteur bio dans le Haut-Rhin. "Il y a un problème de lobby, on préfère soutenir l'industrie phytoparmaceutique plutôt que de prendre des mesures, c'est inacceptable. Si l'agriculture conventionnelle intégrait tous les coûts induits à la charge de la société, elle serait plus chère que l'agriculture biologique."

Peu d'études concluantes sur les risques pour la santé

Cette loi d'Avenir passera ensuite en seconde lecture à l'Assemblée les 7 et 8 juillet. La discussion sur l'utilisation des produits phytosanitaires avait été relancée début mai, une vingtaine d'enfants et une enseignante d'une école primaire de Gironde avaient été pris de malaises après l'épandage d'un fongicide sur des vignes situées à proximité de l'établissement.

Plus globalement, il est difficile de déterminer l'impact des pesticides sur la santé selon le professeur Patrick Dufour, directeur scientifique du centre Paul Strauss, le réseau régional de cancérologie. Une étude est menée sur 100.000 agriculteurs en France. "Agrican a démarré en 2005, et on a remarqué qu'il y avait moins de cancers dans cette population pourtant très exposée aux pesticides. Mais il faudra attendre plusieurs années avant d'avoir des certitudes" , précise le professeur Dufour. "Depuis plusieurs années, on note une hausse des cancers du cerveau ou du sang en France, on ne l'explique pas, elle pourrait être liée aux pesticides."

 

Retrouvez l'interview en intégralité de Jean-Pierre Frick, viticulteur bio dans le Haut-Rhin

INVITE FBA 7H15 PESTICIDES - MF5 BF

Retrouvez l'interview en intégralité du professeur Patrick Dufour, directeur scientifique du centre Paul Strauss

INVITE FBA 7H45 PESTICIDES - MF5 BF

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