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Climat – Environnement

En Moselle, les chasseurs d’orages enchaînent les nuits blanches pour leur passion

mercredi 6 juin 2018 à 21:26 Par Faustine Mauerhan, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu

Ils n'en dorment plus depuis quasiment un mois. Les chasseurs d'orages sont dans les startings blocks en Moselle, département le plus touché par la foudre en mai en France. 22.000 éclairs. Leur graal : faire la photo de l'éclair le plus impressionnant possible.

Frédéric Reinsch chasse les éclairs depuis 2015.
Frédéric Reinsch chasse les éclairs depuis 2015. - Frédéric Reinsch

Farschviller, France

La tension monte chez les chasseurs d’orages de Moselle. Après quelques jours d’accalmie, ils trépignent littéralement. Depuis un mois, avec les orages qui s'enchainent, dans le secteur de Farschviller, Frédéric et David font nuit blanche sur nuit blanche pour courir les cellules et les éclairs en quête de la plus belle photo.  "En mai c'était couché 03h, levé 7h. J'étais explosé." Une passion dangereuse et prenante qu’ils ont expliqué à France Bleu Lorraine.   

« Un coup de foudre pour les orages »

Ce mercredi après-midi, le ciel est gris sur Farschviller en Moselle Est, et Frédéric et David guettent. Ils guettent les orages sur les sites spécialisés qui montrent les points d'impacts, la progression des cellules, le sens du vent... Ils ont même une application sur leur téléphone qui sonne dès qu'un éclair tombe près de chez eux. « On a paramétré des alertes sur une zone de 50 km autour de chez nous et dès que la foudre tombe, notre téléphone sonne tout simplement », explique Frédéric, président du club de photo Reinsch Photographie. Il est chasseur depuis 2015, date à laquelle il a eu un « coup de foudre » pour ce loisir.   

Les chasseurs d'orages surveillent les sites spécialisés. - Radio France
Les chasseurs d'orages surveillent les sites spécialisés. © Radio France - Faustine Mauerhan

Voiture customisée et 5 000 euros de matériel

Et justement, il a à peine tourné le dos que le téléphone de Frédéric sonne. « Impact à 59km ! Tout près de Saint-Dizier. C’est bon signe, je pense que l’orage sera chez nous dans la soirée », se réjouit le trentenaire. Lui est libre ce soir, mais pas David malheureusement. Il est veilleur de nuit dans les foyers de l’aide à l’enfance de Moselle. Frédéric ira seul. C'est donc parti. Il faut préparer le matériel. La voiture d'abord. Oui car Frédéric a une voiture spéciale pour la chasse aux orages. Il n'y a plus de siège à l'arrière pour pouvoir s'allonger derrière l'appareil photo. Une go pro est accrochée sous le pare-brise. Et il y a une planche en bois en travers du siège passager, calée entre le tableau de bord et l’appui tête.   

David et Frédéric ont aménagé leur voiture pour la chasse aux orages. - Radio France
David et Frédéric ont aménagé leur voiture pour la chasse aux orages. © Radio France - Faustine Mauerhan

« Je pose mon appareil dessus, je peux tenter ma chance en roulant, ou à l’arrêt ouvrir ma fenêtre et faire des photos en pause longue (le capteur reste ouvert 30 secondes pour capturer les éclairs) si je n’ai pas eu le temps de sortir, installer le trépied etc. », explique le professionnel du système D.  Côté appareils photos, David et Frédéric ont des sacs à dos à quasiment 5 000 euros de matériel. Plusieurs boitiers, plusieurs objectifs, plusieurs trépieds pour ne pas trembler. Et la petite cellule surtout qui permet de prendre la photo dans la fraction de seconde de l'éclair. Astuce que Frédéric accepte de dévoiler : « un éclair tombe en un quart de fraction de seconde. On n’aurait pas le temps de déclencher l’appareil photo à la main. Alors on utilise ce genre de cellules photosensibles qui détecte la moindre variation de lumière et déclenche la photo au moment de l’impact. » 

L'orage au plus près. - Aucun(e)
L'orage au plus près. - David G

C'est comme ça que Frédéric a fait ses plus belles photos. Comme ça aussi qu'il a eu la plus grosse frousse de sa vie. Pas plus tard que la semaine dernière. « On a vu la lumière et entendu le bruit au même moment, c’était très impressionnant. La foudre est tombée 500 mètres derrière nous, on a eu trop peur qu’elle tombe à nouveau et on est partis. C’était la première fois que je m’enfuyais. » Oui car faut-il le rappeler, c'est une passion dangereuse. Mieux vaut peut-être admirer leurs photos sur leur pages facebook.