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Environnement

Les décharges sauvages persistent dans le Puy-de-Dôme

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Les décharges sauvages persistent dans le paysage puydômois. Villes et associations se battent contre ce phénomène mais ont du mal à l'endiguer. Et ça coûte cher aux collectivités.

Une décharge près de Malauzat, dans le Puy-de-Dôme.
Une décharge près de Malauzat, dans le Puy-de-Dôme.

Puy-de-Dôme, France

Il a fallu la mort d'un maire, venu verbaliser des contrevenants près de Signes (Var), pour qu'on en reparle. Les décharges sauvages, véritable fléau environnemental, sont revenues sur la table avec le décès brutal de Jean-Mathieu Michel. "C'est un acte d'incivilité. Ce problème, on le connaît tous, mais c'est compliqué de lutter contre", admet Pierrette Daffix-Ray, présidente des maires du Puy-de-Dôme.

Parfois 50 personnes pour les déblayer

Dans le Puy-de-Dôme, justement, le phénomène est connu, et persistant. "Il y en avait 4 au plateau de Mirabel, il n'y en a plus que 3. Il y a des gravats, mais en grande majorité, ces décharges sont composées de pneus. L'autre jour, on a retiré quatre grosses bennes. Il faut parfois 50 personnes pour déblayer", déplore Romain Legrand, chargé de mission au conservatoire des espaces naturels d'Auvergne. "Et il y en a d'autres près de la rivière Allier, vers Pont-du-Château, notamment." Ces décharges sont aussi bien le fait de particuliers, qui amènent leur matériel usagé, ou d'entreprises, qui ne veulent pas assumer le coût de la gestion des déchets.

Une décharge sauvage déblayée à Malauzat. - Radio France
Une décharge sauvage déblayée à Malauzat. © Radio France -

"On travaille d'arrache-pied contre ces décharges, on essaie de faire des aménagements, mais ce n'est pas toujours facile. Même quand on en élimine une, il y en a d'autres qui naissent. C'est un peu démoralisant" - Romain Legrand, chargé de mission au conservatoire des espaces naturels d'Auvergne

Ce n'est toutefois pas uniquement le fait des entreprises. Néanmoins, ce sont elles qui paient les pots cassés, en termes de réputation. Sylvain Benoi, directeur d'agence chez GCC Construction, basée à Aubière, tient à ce qu'aucun amalgame ne soit fait entre des entreprises respectueuses et des entreprises irrespectueuses. "C'est préoccupant. Cela donne une mauvaise image. Il faut être intransigeant avec toutes les entreprises." 

Un problème de concurrence déloyale pour les entreprises

Et outre la réputation, c'est aussi les appels d'offres qui en sont influencés. "Cela crée une concurrence déloyale, on perd des appels d'offres face à ces entreprises irrespectueuses. Le traitement des déchets est inscrit dans la loi. Les entreprises du bâtiment font traiter l'ensemble de leurs déchets. Moi, cela représente 5% de mes dépenses. Une entreprise qui dépose ses déchets dans la nature n'a pas ce coût à payer, et peut donc proposer une offre plus attractives aux demandeurs d'ordre public." L'Union de la maçonnerie doit présenter une réforme de sa convention en octobre, afin d'inscrire, dans les textes, l'obligation de la mise en commun de tous les déchets sur tous les chantiers.

Une décharge sauvage sur la colline de Mirabel - Radio France
Une décharge sauvage sur la colline de Mirabel © Radio France -

Pour traiter ce problème, les collectivités doivent, bien souvent, mettre la main à la poche. Mais "indirectement, ce sont les contribuables qui paient. C'est un coût très lourd pour chaque administré dans chaque commune", rappelle Pierrette Daffix-Ray. Un coût dont les villes se passeraient bien, alors que des déchetteries existent, et difficile à endiguer. "C'est un non-respect de l'environnement, et on est très démunis face à cela. Soit on prend en flagrant délit, mais on a vu avec Signes que ce n'est pas sans risque, soit on constate après-coup et il faut faire des enquêtes, qui souvent ne mènent pas à grand-chose.", explique Flavien Neuvy, le maire de Cébazat.

"Il faudrait faire réprimer cette pratique sévèrement par la justice, car l'impunité incite à continuer" - Flavien Neuvy, le maire de Cébazat

D'autant que le phénomène est difficilement endiguable sans pénaliser les autres citoyens. "Je réfléchis, pour la fin de l'année, à un plan d'action dans ma ville, notamment en bloquant l'accès à certains chemins, mais c'est difficile, il faut laisser les agriculteurs et viticulteurs aller dans leurs champs. C'est pour cela qu'il faut des sanctions dissuasives, comme de très fortes amendes. Je suis d'ailleurs favorable à la proposition de l'AMF d'inscrire dans le code pénal le délit de trafic de déchets", continue Flavien Neuvy.

La secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, doit recevoir, fin août, les professionnels du bâtiment, afin de discuter de solutions face au problème des décharges sauvages.