Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

Les éleveurs de Côte-d'Or frappés de plein fouet par la sécheresse

mardi 4 septembre 2018 à 19:58 Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne

La sécheresse a littéralement grillé leurs champs, impactant fortement les cultures. Pour nourrir leurs bêtes les éleveurs de Côte-d'Or n'ont pas d'autres solutions que d'entamer leurs stocks hivernaux. Certains éleveurs pourraient avoir d'importants surcoûts.

Les vaches de la famille Noireaut vivent dans des champs desséchés et doivent être nourries chaque jour
Les vaches de la famille Noireaut vivent dans des champs desséchés et doivent être nourries chaque jour © Radio France - Thomas Nougaillon

21000 Dijon, France

La canicule et le manque de pluie de cet été impactent fortement les agriculteurs de Côte-d'Or. Fin août, aux côtés des représentants du monde agricole, François Sauvadet, Président du Conseil départemental appelait à l’ouverture d’un dossier de "calamité agricole" par l’État... Il faut dire que du côté des 1 700 éleveurs Côtes-d'Oriens le manque de fourrage oblige -depuis plusieurs semaines déjà- à "taper" dans les stocks d'hiver pour nourrir les bêtes. 

Guy Noireaut nous montre l'état de ses pâtures du côté de Meilly-sous-Rouvre près de Pouilly-en-Auxois - Radio France
Guy Noireaut nous montre l'état de ses pâtures du côté de Meilly-sous-Rouvre près de Pouilly-en-Auxois © Radio France - Thomas Nougaillon

Certains doivent se fournir à l'extérieur du département mais le coût du fourrage a bondi et -faute de nourriture- beaucoup de bovins vont devoir être envoyés à l’abattoir plus tôt que d’habitude. A Meilly-sur-Rouvres, la ferme de la famille Noireaut compte 260 hectares et 300 vaches. Ici, selon les premières estimations réalisées par Nicolas Noireaut, qui a repris l'exploitation familiale en 2011, la sécheresse pourrait entraîner cette année un surcoût de 50 000 euros. 

Nicolas devant son tracteur dans la cour de la ferme - Radio France
Nicolas devant son tracteur dans la cour de la ferme © Radio France - Thomas Nougaillon

Son père, Guy Noireaut, 67 ans, agriculteur en retraite, n'est pas surpris. "Aujourd'hui ça va très vite. Le prix des aliments augmente, les animaux mangent plus puisque jusqu'à présent ils mangeaient l'herbe des champs, mais il n'y a plus d'herbe! Du coup il faut leur donner un bon casse-croûte supplémentaire, ce qui coûte cher". Sans parler du surcroît de travail occasionné par la sécheresse. "On passe une matinée complète à soigner les bêtes. Avant les vaches étaient dans leurs prés, c'était naturel. On a beau dire, en cette période, on est obligés de serrer les boulons." 

Guy Noireaut

Derrière Nicolas, au fond de la cour, les stocks de fourrage pour l'hiver... Des stocks déjà mis à contribution à cause de la sécheresse - Radio France
Derrière Nicolas, au fond de la cour, les stocks de fourrage pour l'hiver... Des stocks déjà mis à contribution à cause de la sécheresse © Radio France - Thomas Nougaillon
L'ensilage de Nicolas... Il s'agit de maïs sur pied passé à la broyeuse. Cette année il manque 80 tonnes de maïs du fait de la sécheresse. - Radio France
L'ensilage de Nicolas... Il s'agit de maïs sur pied passé à la broyeuse. Cette année il manque 80 tonnes de maïs du fait de la sécheresse. © Radio France - Thomas Nougaillon

Reportage chez la famille Noireaut

Dans les champs Nicolas et sa famille ont du installer des râteliers pour distribuer la nourriture aux vaches.  - Radio France
Dans les champs Nicolas et sa famille ont du installer des râteliers pour distribuer la nourriture aux vaches. © Radio France - Thomas Nougaillon

Heureusement, l'Union Européenne, permet aux éleveurs cette année de récupérer l'herbe des jachères pour nourrir les bovins. Lucie Poillot, amie de la famille est aussi une jeune agricultrice. Installée à Vandenesses-en-Auxois, Lucie, est à la tête d'une exploitation de 317 hectares avec 130 mères-vaches. "C'est une bonne chose, mais chez nous cela ne représente quasiment rien. Chez moi par exemple je dois avoir 3 hectares de jachères. Cela me permet de produire 6 tonnes de fourrage. C'est ce que j'utilise en une semaine. C'est de la rigolade!"

Lucie Poillot

Nicolas et ses collègues installent une bâche pour protéger l'ensilage de maïs - Radio France
Nicolas et ses collègues installent une bâche pour protéger l'ensilage de maïs © Radio France - Thomas Nougaillon

Mais d'autres annonces ont été faites la semaine dernière par Bruxelles, pour aider les agriculteurs victimes de la sécheresse dans plusieurs États membres. Les éleveurs pourront notamment cultiver en s'exonérant du respect des règles habituelles, ils ne perdront pas leurs paiements liés au respect de l’environnement. Par ailleurs, la France va être ajoutée à la liste des pays qui bénéficient d’une dérogation pour utiliser les terres en jachère histoire de nourrir les animaux.