Climat – Environnement

Les guetteurs azuréens surveillent les incendies tout l'été

Par Lisa Melia, France Bleu Azur mardi 9 août 2016 à 8:48

Médhi Virorello, l'un des guetteurs azuréens
Médhi Virorello, l'un des guetteurs azuréens © Radio France - Lisa Melia

Le risque d’incendie dans les Alpes-Maritimes reste au niveau « sévère », surtout sur le littoral. La clef pour lutter efficacement contre les feux de forêt, c’est la détection. Force 06 assure cette mission : tout l’été, des guetteurs surveillent les vallées, à l’affût de la moindre fumée.

Fin d’après-midi. Depuis cinq jours, Médhi Virorello reste au poste : debout devant sa table d’orientation, jumelles au point, talkie-walkie à portée de main, dos à l’abri en pierre dans lequel il passe ses nuits. Il a le regard fixé en direction de Nice, car il a cru voir une fumée. Fausse alerte. « A cette heure-ci, la lumière devient rase et provoque des reflets, c’est plus difficile de distinguer un véritable panache de fumée. »

Le premier maillon de la chaine

Du 1er juillet au 31 septembre, ils sont une vingtaine, comme Médhi, à se relayer sur les neuf postes permanents de guets dans les Alpes-Maritimes. Leur mission : repérer le plus vite possible le moindre départ de feu, évaluer sa localisation et son importance le plus précisément et transmettre l’information aux pompiers azuréens. Depuis le début de l’été, ils signalent entre un et trois départs de feu chaque jour.

Le guet de Revère, dans le Parc départemental de la Grande Corniche - Radio France
Le guet de Revère, dans le Parc départemental de la Grande Corniche © Radio France - Lisa Melia

« Nous sommes le premier maillon de la chaîne, affirme avec fierté Jean-Marie Demirdjian, le responsable de Force 06, le service de détection et de prévention des feux de forêt. En plus de ces neuf postes permanents, trois guets peuvent être activés quand la situation devient particulièrement critique, par exemple si l’hydrométrie baisse soudainement, si le vent se lève et si la végétation devient encore plus sèche. » Pour l’heure, sur le guet de la Revère, dans le Parc départemental de la Grande Corniche, le risque incendie n’est « que » de 4 sur une échelle de 6, c’est-à-dire « risque sévère ».

Jean-Marie Demirdjian, responsable de Force 06

Guetteur, une histoire de famille

Entouré de pins, de lavandes, d’un immense Eucalyptus et d’un potager, Médhi passe son dixième été au guet de Revère. Une histoire de famille.

« Mon père fait ce métier depuis plus de 30 ans. Il était posté ici même et j’y ai passé les étés de mon enfance. Dans les années 1980, nous avons connu de terribles incendies dans la région et ça m’a profondément marqué. C’est aussi pour ça que j’y consacre mes étés d’adulte, désormais. Je veux participer à la lutte contre les incendies. »

C’est d’ailleurs sur cette colline, qui surplombe la vallée du Paillon jusqu’au Mercantour et les hauteurs niçoises, depuis la mer jusqu’au Mont Chauve, que la Force 06 a failli perdre l’un des siens. Été 1986 : l’un des pires incendies jamais connu dans le département ravage le Parc de la Grande Corniche, sur la commune d’Eze. Le guetteur doit fuir devant les flammes, qui progressent très vite, il récupère un éleveur de chien d’aveugle et ses animaux, installés un peu plus haut. Ils s’en sortent de justesse. Médhi s’en souvient bien, même s’il n’avait que quatre ans à l’époque : le guetteur était son père.

Médhi Virorello - Radio France
Médhi Virorello © Radio France - Lisa Melia

« Quand nous sommes revenus, le lendemain, tout avait brûlé. Le paysage était lunaire. Tout ce qui se trouve autour de moi a moins de trente ans. C’est d’ailleurs mon père qui a replanté les arbres autour de l’abri. » Le fils met désormais un point d’honneur à veiller sur eux.

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