Climat – Environnement

Les juniors du développement durables se mobilisent pour la COP 21 en Gironde

Par Rebecca Gil, France Bleu Gironde samedi 10 octobre 2015 à 6:00

Les élèves de l'école Albert Thomas à Bordeaux à l'Hôtel de Bordeaux Métropole
Les élèves de l'école Albert Thomas à Bordeaux à l'Hôtel de Bordeaux Métropole © Radio France - Rebecca Gil

Plus de 600 élèves girondins de l'école primaire au lycée se sont mobilisés à l'approche de la COP 21 autour de la thématique du développement durable et de la lutte contre le réchauffement climatique. Ils se sont réunis ce vendredi à l'Hôtel de Bordeaux Métropole pour présenter leurs projets.

"Les Juniors du développement durable", c'est le nom donné à ces jeunes qui se mobilisent en vue de la COP 21, la 21ème conférence mondiale sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre prochain. Plus de 600 élèves, de l'école primaire au lycée ont participé à cet évènement à travers des projets qu'ils ont mené depuis l'an dernier. Ils se sont retrouvés hier pour une journée de rencontre avec des élus, des scientifiques et des représentants du monde associatif à l'hôtel de Bordeaux Métropole.

Des projets concrets

Sept écoles de la Gironde (Bordeaux, Blanquefort, Bruges, Talence, Floirac) ont présenté différents projets autour du développement durable. L'eau, la lumière, le papier, le jardin pédagogique, le changement climatique, les emballages mais aussi les migrants climatiques: tels sont les différents sujets choisis par les élèves. Parmi les participants présents, certains ont reçu le prix de l’appel à projets et préconisation sur le changement climatique: il s’agit des élèves de l’école Albert Thomas à Bordeaux. Ils ont choisi un thème particulièrement concernant en ce moment : la migration, et plus particulièrement la migration climatique, puisqu’il fallait la relier à la COP 21.

"Tout est parti de la question d'une élève: pourquoi tous ces gens quittent leur pays ?"
— Nikol Lorant, professeur à l'école Albert Thomas à Bordeaux

_« Les élèves ont été interloqués notamment par la photo du petit Aylan qui gisait sur la plage de Bodrum en Turquie. A partir de là, nous avons commencé à mener une réflexion sur ce sujet, nous nous sommes intéressés à l’actualité et chaque matin, nous regardions les unes de la presse. C’est un sujet qui leur tenait tout particulièrement à cœur, c’est pourquoi nous avons décidé de le traiter », explique Nikol Lorant, professeur des écoles à l’école Albert Thomas de Bordeaux. « Nous avons mené la réflexion jusqu’au sein de leur famille, ils se sont aperçu que le phénomène n’était pas nouveau, il remonte à bien longtemps en arrière. Leurs propres parents ou grands-parents étaient parfois eux-mêmes des migrants. Nous avons aussi en parallèle mené une réflexion sur les transports, pour savoir comment la circulation était possible pour ces gens. » _Après la prise de conscience, le projet a commencé à prendre forme: il a fallu relier la problématique migratoire actuelle avec celle de la migration climatique.

Pour Nikol Lorant leur professeur, la réflexion a été menée par les élèves

« Les élèves ont réalisé que parmi ces migrants, certains ne quittaient pas leur pays à cause des guerres ou par souci économique mais aussi à cause des conditions climatiques actuelles qui les mettent parfois en danger », relate Pascaline Baron, professeur et directrice de l’école Albert Thomas à Bordeaux. Il a fallu alors réfléchir aux solutions possibles pour enrayer cette crise migratoire. Pour Apolline, Victor, Capucine et Nino qui ont présenté le projet, les solutions sont simples : _« il suffit de trouver un moyen pour que les migrants puissent trouver les refuges existants sur leur portable, ou tout simplement au lieu de donner l’argent aux passeurs, mieux vaut le donner à des personnes dignes de confiance », _énoncent-ils naïvement. 

Pour Apolline, Victor, Capucine et Nino, les solutions sont simples

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple, leur professeur en a bien conscience et ajoute : « c’est quelque chose de difficile à cerner pour eux, ils sont encore jeunes (6 – 7 ans), notamment toute la dimension politique, mais malgré tout d’après les retours que l’on a, ils sont de plus en plus investis dans cette démarche de sensibilisation auprès de leur entourage pour essayer de faire changer les comportements au quotidien ».

La COP 21 est prévue pour décembre prochain, d’ici là les élèves auront encore le temps d’y réfléchir. De prochaines animations sont annoncées, notamment le train du climat le 14 octobre prochain à Libourne. De plus, les collégiens de l’académie de Bordeaux ont contribué à l’élaboration d’un Livre blanc sur le climat qu’ils remettront à la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, le 3 novembre prochain dans les locaux de Radio France à Paris.