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Climat – Environnement

"Les mauvaises odeurs, ce n'est pas qu'une nuisance, c'est une pollution" pour les habitants du Bassin de Thau

jeudi 25 octobre 2018 à 4:39 Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault et France Bleu

L'observatoire des odeurs du Bassin de Thau (Hérault) a constaté l'an dernier une gêne plus importante qu'en 2016, liée aux émanations des sites industriels. Ce bilan fait apparaître des nuisances particulièrement importantes en été et dans le quartier de La Peyrade à Frontignan.

L'usine Saipol à Sète est jugée responsable des odeurs désagréables de "graines brûlées" ressenties par les riverains
L'usine Saipol à Sète est jugée responsable des odeurs désagréables de "graines brûlées" ressenties par les riverains © Maxppp -

Bassin de Thau, France

Des signalements plus nombreux en 2017 et une gêne ressentie plus importante que l'année précédente. Si l'on en croit le rapport de l'observatoire des odeurs sur le Bassin de Thau, les habitants de La Peyrade ne sont pas près de se débarrasser des effluves de "chou pourri" et "vapeurs d'hydrocarbures". Malgré les plaintes régulières de riverains, les nuisances olfactives liées aux industries présentes sur le secteur n'ont pas diminué. 

Une forte augmentation des nuisances en été

Cet observatoire créé en 2016 s'appuie sur un réseau de "nez", des volontaires qui relèvent chaque jour la qualité de l'air dans leur jardin pour mesurer les nuisances, leur évolution, identifier leur origine. Pour l'an dernier, il en ressort que La Peyrade est le quartier le plus touché, avec une forte augmentation des nuisances en été sous l'effet de la chaleur. Les "nez" ont signalé davantage d'"odeurs très gênantes" que l'année d'avant. Il y a eu aussi davantage de signalements spontanés : 99 habitants, qui ne font pas partie du réseau, ont d'eux-mêmes contacté le site d'Atmo pour décrire un pic d'odeur. 

Extrait du rapport 2017 de l'observatoire des odeurs du Bassin de Thau - Aucun(e)
Extrait du rapport 2017 de l'observatoire des odeurs du Bassin de Thau - Atmo Occitanie

"La difficulté c'est que tant que leurs émanations respectent les normes établies par les autorités sanitaires, les industriels estiment qu'ils sont dans les rails. 

Ce sont les odeurs de "chou pourri" qui sont le plus souvent citées, attribuées à l'usine Scori qui retraite des déchets industriels dangereux. De "cuisson de graines" liées au site de Saipol où l'on transforme des oléagineux. Suivent "produits chimiques" ou "matières fécales". 

"Cette nuisance est une forme de pollution, souligne Olivier Laurent , adjoint en charge des risques industriels à Frontignan. Aujourd'hui les autorités nous disent qu'ils n'y a pas de risque sanitaire. Mais si les habitants et les associations font pression. Ils vont se sentir obligés de faire un effort." Ainsi la police municipale a pour consigne de déposer une main courante à chaque pic d'odeur. Les habitants peuvent faire de même ou le signaler sur le site www.atmo-occitanie.org.

Engager le dialogue avec les industriels

Le dispositif piloté par Atmo Occitanie réunit régulièrement les collectivités (Mairie de Frontignan et Sète et l'Agglo), l'association de riverains ARZF et les industriels volontaires (SAIPOL, SCORI, Angibaud, TIMAC-AGRO, la société HEIXIS et le SETOM - l'incinérateur). GDH, le dépôt d'hydrocarbures, refuse en revanche de participer. Le but est d'engager un dialogue pour limiter ces émanations. "Cela permet au moins de maintenir le dialogue explique Claudie Minguez la première adjointe au Maire de Frontignan. On espère. Au moins maintenant on a un rapport écrit qui confirme qu'il y a des odeurs. On va continuer. C'est un travail citoyen." Et de longue haleine.