Climat – Environnement

Les ours sont plus nombreux dans les Pyrénées

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon vendredi 11 avril 2014 à 16:35

Un ours brun en captivité dans le Parc animalier des Pyrénées
Un ours brun en captivité dans le Parc animalier des Pyrénées © Jean-Noël Lafargue

Au moins 25 animaux ont été comptés en 2013, soit trois de plus qu'en 2012. Mais si les ours sont plus nombreux, ils font aussi moins de dégâts. Les attaques de brebis ont diminué.

Les ours se sentent bien dans les Pyrénées. La population de plantigrades augmente sur le massif : 25 individus au minimum ont été détectés en 2013, trois de plus qu'en 2012 , selon un nouveau rapport officiel de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

Les données récoltées sur le terrain (empreintes, poils, crottes, dommages, photos...) permettent cette estimation des deux côtés de la frontière franco-espagnole. En détail, il y a onze femelles, neuf mâles et cinq bêtes de sexe indéterminé, dit le rapport. Quatorze étaient des adultes, huit des individus entre 1 et 3 ans et trois des oursons de deux nouvelles portées distinctes.

L'aire de répartition du plantigrade, de 4.300 kilomètres carrés (2.100 dans quatre départements français, le reste sur trois provinces espagnoles), augmente elle aussi légèrement.

Le rapport n'entre pas dans la vive querelle que suscite la présence de l'ours dans les Pyrénées françaises. Mais il laisse entrevoir quelques perspectives en notant que trois mâles adultes sont présents sur les sites fréquentés par les femelles adultes. Ils pourraient donc assumer le rôle de géniteur essentiellement dévolu au seul Pyros, le mâle dominant mais vieillissant (25 ans), père ou grand-père de presque tous les oursons nés dans les Pyrénées.

Davantage d'ours, moins de brebis tuées

Selon le rapport publié cette semaine, les attaques de troupeaux imputables à l'ours ont diminué de 32% entre 2012 et 2013 . L'ours aurait tué ou blessé 174 animaux (et détruit deux ruches).

Mais les anti-ours risquent fort de ne pas se laisser amadouer par une baisse des prédations. C'est dans ce contexte délicat que l'Etat doit élaborer cette année un nouveau "plan ours" . Les défenseurs de l'animal réclament de nouveaux lâchers indispensables selon eux à la viabilité de l'espèce.

Récemment, le Muséum national d'histoire naturelle de Paris prônait dans un autre rapport de lâcher au minimum quatre femelles dans l'Ouest des Pyrénées et deux femelles pleines dans le centre. Les experts disent même qu'idéalement, ce sont 17 ours qu'il faudrait réintroduire. Les anti-ours brandissent la menace d'actions violentes en cas de nouvelles réintroductions. En 2005 et 2006, les lâchers successifs de cinq ours (les derniers en date) ont mobilisé des milliers d'opposants.

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