Climat – Environnement

Les poissons meurent de façon alarmante dans les rivières du Doubs

Par Lila Lefebvre, France Bleu Besançon et France Bleu mercredi 19 juillet 2017 à 6:00

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La fédération départementale de pêche du Doubs organise toute cette semaine des inventaires piscicoles des cours d'eau du département. Le résultat est catastrophique.

"L'ombre a pratiquement disparu, alors que l'an passé il était encore en nombre dans ce ruisseau", Alexandre Cheval, garde pêche dans la Vallée de la Loue a encore du mal à y croire. Il organisait ce mercredi une station (relevé du nombre de poissons sur un périmètre délimité de rivière) dans le Cusancin, et la pêche a été anormalement basse.

Une dizaine de pêcheurs attrapent les poissons de la rivière à l'épuisette pour qu'ils soient mesurés et pesés.  - Radio France
Une dizaine de pêcheurs attrapent les poissons de la rivière à l'épuisette pour qu'ils soient mesurés et pesés. © Radio France - Lila Lefebvre

Depuis 2009, ces inventaires piscicoles sont organisés chaque année au même endroit pour observer l'évolution de la population de poisson. Le principe est simple : les poissons sont pêchés à l'épuisette, puis triés dans des bacs pour être mesurés et pesés avant d'être relâchés dans le cours d'eau.

Avant d'être pesés et mesurés, les poissons sont triés.  - Radio France
Avant d'être pesés et mesurés, les poissons sont triés. © Radio France - Lila Lefebvre

"En temps normal on devrait pêcher 300 kilos de truites par hectare ici, mais aujourd'hui on en a pris que 10 kilos", se désole Christof Monnin, chargé de la pesée des poissons. "Bientôt il n'y aura plus de truites dans les rivières de la vallée de la Loue".

Les activités de l'homme en ligne de mire

Pas besoin de grandes salopettes de pécheurs pour traverser le Cusancin, avec seulement une vingtaine de centimètres d'eau... de simples bottes de pluies suffisent. Christian Rossignon, hydrologue à la Fédération de Pêche du Doubs, dénonce depuis 15 ans la baisse régulière du niveau des cours d'eau : "Il y a une diminution dramatique de la réserve en eau à l'échelle des bassins versants, c'est clairement lié à l'assèchement des sols et à la destruction des zones humides".

L'agriculture est bien sûr pointée du doigt. Elle réclame chaque année un peu plus de terres. Dans la région l'élevage est aussi problématique, mais Alexandre Cheval le rappelle tout le monde est responsable de l'état des rivières : " Nous en tant que citoyens on utilise tout un tas de produits de merde et tant qu'ils ne seront pas interdits on ne pourra rien faire pour sauver les rivières".