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Climat – Environnement DOSSIER : Le pourquoi du comment

Ce qu'il faut savoir sur la présence du loup dans l’Yonne

mercredi 5 septembre 2018 à 11:08 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre

La préfecture l'a confirmé il y a une quinzaine de jours : c’est bien un loup qui a attaqué un troupeau, en juin dernier, dans le tonnerrois. Sept brebis sont mortes.

 Loup photographié en février 2018 à Saint Martin Vesubie dans le Mercantour.
Loup photographié en février 2018 à Saint Martin Vesubie dans le Mercantour. © Maxppp - FRANZ CHAVAROCHE

Yonne, France

C’est une première depuis 130 ans dans l’Yonne. Le loup est bel et bien de retour dans le département. En juin dernier, il a attaqué 15 brebis à Arthonnay, dans le Tonnerrois. Sept bêtes sont mortes.

Pourquoi le loup revient-il dans notre département ?

Parce qu'on ne le chasse plus, tout simplement. Le grand prédateur occupait 90% du territoire au XVIIIe siècle, mais il a été exterminé par l'homme. En 1937, un dernier loup avait été aperçu dans le Limousin. Et puis plus rien. Pendant plus de 50 ans. Mais l'espèce "canis lupus" a continué à vivre en Italie. En 1992, son retour est attesté dans l'hexagone. Un couple de loups est aperçu dans le parc du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes. 

Entre temps, la France a ratifié la convention de Berne, qui a inscrit le loup sur la liste des espèces protégées. La "mise à mort intentionnelle" de l'animal est interdite, mais des dérogations restent possibles, "quand les prédateurs causent des dommages importants au bétail et qu'il n'existe pas d'autre solution", dit le texte.

Aujourd'hui, on estime qu'il y a 430 loups en France, principalement dans les Alpes, mais on en trouve aussi dans les Pyrénées, le massif central, le Jura. On en a vu l'an dernier dans le Morvan, en mai dans l'Aube et en juin dans l'Yonne. Le loup n'a donc pas été réintroduit comme l'ont été les ours dans les Pyrénées, par exemple. Il est revenu naturellement.

Pourquoi ils se déplacent ?

Pour trouver à manger, évidemment ! Quand il n'y a pas assez de proies, les jeunes loups quittent la meute pour fonder leurs propres territoires. Mais ils peuvent bouger longtemps et souvent. Un loup peut parcourir jusqu'à 250 kilomètres en deux jours. 

Les loups sont-ils dangereux ?

Pour l'humain, non, parce que le grand méchant loup est un mythe évidemment. Non, le grand méchant loup ne tourne pas autour des petits chaperons rouges, il a même carrément peur des humains.

Pour les brebis, en revanche, c'est une autre histoire. Et ça inquiète beaucoup les éleveurs. Le loup tue de plus en plus de brebis chaque année. On s'approche, ses dernières années, des 10 000 moutons tués, principalement dans les Alpes. Le loup aime les brebis, mais il peut aussi s'en prendre aux chèvres, aux bovins et même parfois aux chevaux. Mais dans l'Yonne, disons-le franchement, le risque est quand même très faible. 

Et que faire pour s'en protéger ?

Les éleveurs sont invités à prendre un patou, un chien de berger, a regrouper les troupeaux la nuit et à embaucher un aide berger. Dans son plan loup, l'État préconise aussi l'effarouchement de l'animal avec des lumières et des bruits. Les tirs non létaux pour dissuader le loup sont aussi autorisés. En 2017, l'Etat a dépensé près de 23 millions d'euros pour aider les éleveurs à mettre en place ces mesures de protection.

Le plan loup permet aussi de "prélever", autrement dit de tuer, 40 loups par an dans des zones très tendues. C’est un quota qui est réévalué régulièrement. Certains éleveurs le jugent encore trop faible. Si malgré tout cela, le  loup s’attaque à des troupeaux, les éleveurs touchés peuvent obtenir des indemnisations. Cela a représenté 3.3 millions d'euros à l'Etat en 2017.

Pourquoi le loup revient-il dans l'Yonne ? - par Delphine Martin

  - Getty
© Getty -