Climat – Environnement

Les sacs plastique définitivement interdits en 2016 ?

Par Thibaut Lehut, France Bleu jeudi 26 juin 2014 à 13:03 Mis à jour le jeudi 26 juin 2014 à 15:03

Le nombre de sacs plastique distribués dans les grandes surfaces est passé de 10,5 milliards à 700 millions entre 2002 et 2011
Le nombre de sacs plastique distribués dans les grandes surfaces est passé de 10,5 milliards à 700 millions entre 2002 et 2011 © Maxppp

A l'initiative de Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, l'Assemblée nationale a voté mercredi soir un amendement visant à interdire les sacs plastique en 2016. Le texte, adopté en commission, devra être voté en séance plénière à une date qui n'est pas encore fixée.

Ségolène Royal a profité de l'examen du projet de loi sur la biodiversité, mercredi à l'Assemblée nationale, pour déposer un amendement qui bannit l'utilisation des sacs plastique à partir du 1er janvier 2016. L'amendement a été voté en commission mercredi soir, et sera soumis à l'ensemble des députés à une date ultérieure, encore inconnue pour le moment.Le texte prévoit de supprimer définitivement la distribution de sacs plastique dits à usage unique. En d'autres termes les sacs utilisés dans la grande distribution ou les commerces de proximité. Pour l'usage unique, seul les sacs biodégradables seraient permis, notamment dans les magasins de fruits et légumes, pour lesquels aucune réglementation n'existait jusqu'alors. En revanche, les magasins resteraient libres de distribuer gratuitement ou non des sacs en plastique réutilisables, comme c'est déjà le cas aujourd'hui.Ce coup de grâce porté aux sacs plastique à usage unique est destiné à amplifier le processus enclenché depuis le début des années 2000. Dans les grandes surfaces alimentaires, leur nombre est déjà passé de 10,5 milliards à 700 millions entre 2002 et 2011. En novembre 2013, la Commission européenne avait adopté une proposition de loi pour restreindre la commercialisation de ces sacs jetables, ou pour taxer leur utilisation

Pas d'objectif chiffré, source potentielle d'emplois

La ministre de l'Ecologie, qui n'annonce pas d'objectif chiffré, considère que "c'est une étape très importante". "C'est attendu depuis très longtemps par les associations environnementales", a expliqué jeudi Ségolène Royal. "On ne se rend pas compte à quel point les sacs plastique non dégradables entraînent des pollutions et des surcharges, avec des dégâts considérables notamment sur les poissons". La ministre considère également que cette petite révolution peut avoir un impact économique, en permettant de "créer des emplois dans els filières vertes de la production de sacs biodégradables".Les associations écologistes se félicitent de l'amendement, à l'image de France Nature Environnement (FNE), qui plaide désormais pour "l'étape suivante" :  "l'interdiction de tous les sacs jetables", y compris les sacs biodégradables. Car ces derniers nécessitent d'être traités dans des composteurs industriels, et certains d'entre eux contiennent encore des résidus de plastique. Ultime mise en garde avant le débat en séance plénière effectuée par FNE : la menace des lobbys, "à l'affût", qui pourraient pousser certains députés à détricoter le texte avant qu'il ne soit définitivement adopté.