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Climat – Environnement

Ile-de-France : 23.000 sangliers seront chassés en 2019 dans notre région

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris

Les sangliers sont de plus en plus nombreux en Île-de-France. Ils causent beaucoup de dégâts aux cultures et les deux fédérations de chasseurs ont dû payer 2,5 millions d'euros au total en 2018. Les automobilistes qui traversent les routes la nuit doivent être vigilants.

Des sangliers tués au cours d'une battue
Des sangliers tués au cours d'une battue © Radio France - Alexandre Blanc

Île-de-France, France

L'Ile-de-France doit faire face à la prolifération des sangliers. En 2019 comme en 2018, 23.000 sangliers seront tués dans notre région. 

La Seine-et-Marne est particulièrement concernée par ce problème. Cette année, il a fallu tuer 2.300 sangliers de plus. En tout, 13000 animaux ont été abattus dans ce seul département. "C’est la première fois qu’on en prélève autant depuis qu’on effectue ce comptage", explique Bruno Mollot, le directeur de la Fédération des Chasseurs de Seine-et-Marne. 

Les sangliers sont en train de ruiner les fédérations de chasse. Elles doivent financer la totalité des cultures endommagées et la facture est de plus en plus lourde. Un million d’euros pour la Fédération Interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France qui couvre l’ouest de la région.  "Entre un million et un million trois pour la Seine et Marne", se désole Bruno Mollot. 

Cette année, 550 hectares ont été détruits dans ce département. L’an dernier on avait atteint le record de 700 hectares. C’est donc pour continuer à limiter les dégâts que la fédération a prévu pour la saison de chasse aux sangliers qui s’ouvre le premier juin prochain, d’en tuer autant, c’est-à-dire 13000. 

En foret de Fontainebleau (Seine-et-Marne) une signalisation particulière a été installée pour éviter les collisions avec les sangliers et les cerfs très nombreux. 8 mai 2019. - Radio France
En foret de Fontainebleau (Seine-et-Marne) une signalisation particulière a été installée pour éviter les collisions avec les sangliers et les cerfs très nombreux. 8 mai 2019. © Radio France - Isabelle Piroux

Depuis le début de l’année, les sangliers ont déjà causé plusieurs accidents graves dont un mortel à Fontainebleau

Les automobilistes doivent être prudents quand ils roulent le soir ou la nuit, d’autant que ces animaux ne se voient qu’au dernier moment quand ils traversent la chaussée. Et leurs yeux ne brillent pas. 

C’est le fond de garantie des assurances obligatoires ( FGAO) qui recense les accidents causés par les bêtes sauvages, cerfs ou sangliers. Un recensement très partiel puisqu’il ne tient compte que des accidents qui ont causé des dommages corporels, sans prendre en compte ceux qui ne font que des dégâts matériels. 

L’an dernier, il y a eu dix accidents graves dont sept causés par des sangliers en Seine-et-Marne. Le département concentre plus de la moitié des accidents causés par les animaux sauvages en Île-de-France .

Mais ces données sous-estiment le nombre réel d’accidents. 

En 2008, la dernière année où on a compté aussi les collisions qui n’entraînaient que des dégâts sur les véhicules, on atteignait déjà 1030 accidents

A la Fédération de la Chasse de Seine-et-Marne, une tête de sanglier naturalisée. - Radio France
A la Fédération de la Chasse de Seine-et-Marne, une tête de sanglier naturalisée. © Radio France - Isabelle Piroux

Les sangliers sont maintenant dans les zones urbaines

"Le sanglier a bien compris que dans les zones urbaines c'est difficile de le chasser", explique Christine Saint-Andrieux, ingénieur spécialiste des ongulés à l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. 

"Il y a beaucoup de zones industrielles et de friches où ils peuvent facilement se cacher et aujourd'hui c'est sur les voies rapides à proximité des zones urbaines que le risque de collision avec les sangliers est le plus fort" .

Le sanglier se reproduit d'avantage aujourd'hui à cause du changement climatique

Christine Saint-Andrieux est à la tête d'un observatoire qui cherche à comprendre pourquoi le sanglier se multiplie actuellement. Elle mène des recherches sur plusieurs territoires de chasse, dont celui de Fontainebleau. 

En analysant les fructifications forestières, les arbres qui donnent des fruits chaque année et les utérus des laies (femelle du sanglier) tuées à la chasse, elle a pu établir que le nombre de petits portés par les laies est très dépendant de leur nourriture et particulièrement des glands qui tombent au sol à chaque automne. 

Traditionnellement, la production de glands est très aléatoire, explique-t-elle, en général on a une bonne année suivie de sept ou huit ans où il y en a très peu, ce qui limitait le développement des sangliers. 

Aujourd'hui à cause du réchauffement climatique, les chênes produisent beaucoup plus fréquemment et beaucoup plus régulièrement des glands, même si c'est de façon moins abondante, conséquence, la fertilité des femelles sangliers est en augmentation. 

Généralement, entre juillet et novembre, les laies ne sont pas en chaleur, explique Christine Saint-Andrieux mais elles le deviennent dès que les glands tombent.

Comme actuellement les glands tombent régulièrement au sol à l'automne , elles sont de plus en plus fertiles à cette période. On constate que les femelles vont porter plus de jeunes et qu'ils auront une meilleure survie au cours de l'hiver qui suit.

Tableau didactique  pour monter  les traces que laissent un sanglier - Radio France
Tableau didactique pour monter les traces que laissent un sanglier © Radio France - isabelle Piroux

Les pratiques de chasse ont contribué aussi au développement des sangliers

Le sanglier est une espèce extrêmement adaptative, explique Christine Saint-Andrieux,  malgré l’intensité de la chasse, on estime que sa population se renouvelle tous les deux ans. C’est-à-dire qu’on tue chaque année, l'accroissement de la population de sanglier. Ce qui entraîne une sélection génétique très rapide.

Or, traditionnellement les chasseurs épargnent les jeunes femelles de sangliers qui ont des petits pour tirer les animaux plus âgés. Une pratique qui a contribué à favoriser la sélection des laies qui se reproduisent de plus en plus tôt et qui portent beaucoup de petits marcassins. 

S'ajoute à cela la disparition des vieux mâles. Autrefois, les laies étaient saillies par un seul mâle, généralement le plus fort et le plus vieux. Aujourd'hui, elles le sont par plusieurs petits mâles. 

"S’il y a cinq, six jeunes, il peut avoir cinq pères différents", explique Christine Saint-Andrieux et cette diversité génétique leurs permet une plus grande adaptabilité face aux conditions climatiques. Ce qui explique aussi qu’ils se reproduisent autant.

En 20 ans, leur population a été multipliée par deux et demi. L'an dernier, on a tué environ 800.000 sangliers en France.