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Les sentinelles veillent sur la biodiversité landaise
Alors qu'un nouveau rapport pointe du doigt l'effondrement de la biodiversité, un programme régional unique suit de près l'évolution de la faune et la flore aquitaine et landaise.

Le choix est opéré avec soin. Les Sentinelles du Climat, programme piloté par l'association Cistude Nature , en partenariat avec d'autres organismes scientifiques et naturalistes de Nouvelle Aquitaine , suivent l'évolution d'une vingtaine d'espèces végétales et animales. Aucune d'elle n'est sélectionnée par hasard.
Leur but : observer et comprendre comment les espèces vont réagir au changement climatique.
71% des poissons, 60% des amphibiens en déclin
Car la biodiversité réagit, c'est ce que les rapports d'experts indiquent, les uns après les autres. Le dernier en date : celui de l'IPBES , la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Sous la tutelle de l'ONU, ces scientifiques essaient de résumer, à échéances régulières, l'état de nos connaissances sur la biodiversité.
Or, le rapport publié le 23 mars donnent des chiffres alarmants : en Europe, 71% des espèces de poissons et 60% des espèces d'amphibiens déclinent, depuis une décennie. Les scientifiques estiment que les disparitions d'espèces sont 100 fois plus nombreuses aujourd'hui, par rapport à 1900.
Le changement climatique à échelle locale
Surveiller ces évolutions à une échelle plus locale est donc la mission qu'assument Les Sentinelles du Climat. Entre 2016 et 2021, une cinquantaine d'experts naturalistes, chercheurs, statisticiens et climatologues s'intéressent à des espèces sensibles à leur climat, mais qui sont aussi caractérisés par une mobilité réduite.
"On souhaite étudier le changement climatique à l'échelle de la région Nouvelle Aquitaine, explique Fanny Mallard, la coordinatrice du programme. Ces espèces vont devoir subir le changement climatique, soit par adaptation, soit par extinction locale."
Rainettes et lézards landais
Dans les Landes, plusieurs espèces sont concernées. Par exemple, la rainette ibérique , une grenouille qui préfère les milieux frais et humides, mais aussi la rainette méridionale, qui favorise plutôt le chaud. "La rainette méridionale va entrer de plus en plus dans l'aire de répartition de la rainette ibérique, détaille Fanny Mallard. On va donc avoir un rapport de force qui va se développer, on va essayer de comprendre avec l'hypothèse que la rainette ibérique va être en diminution sous l'effet du changement climatique."
On peut aussi citer le Lézard Ocellé , présent dans les dunes, donc sur la côte landaise. Son cas est intéressant : jusqu'à un certain point, la hausse des températures pourrait lui être favorable. En revanche, l'érosion du littoral réduit les zones où il est susceptible de trouver un abri. La question que se posent les scientifiques du programme est donc : sera-t-il capable de s'adapter ou va-t-il disparaître ?
Même principe pour les espèces végétales. Les scientifiques s'intéressent par exemple aux "lagunes" des Landes de Gascogne, des points d'eau pauvres en nutriments, qui accueille une végétation très spécifique.
"Pour l'instant, explique Fanny Mallard. Il est trop tôt pour tirer des conclusions, même si le programme existe depuis deux ans. C'est un programme assez unique en France, parce que la Nouvelle-Aquitaine est considérée comme l'une des régions qui sera le plus affectée par le changement climatique et parce qu'elle propose une riche biodiversité."