Climat – Environnement

Les toros aussi souffrent de la sécheresse dans le Gard

Par Hervé Sallafranque, France Bleu Gard Lozère vendredi 13 octobre 2017 à 18:16

Certaines parcelles ont des allures de désert
Certaines parcelles ont des allures de désert © Radio France - Hervé Sallafranque

Dans certaines exploitations, l'herbe se fait rare en raison du manque d'eau. Les éleveurs de toros de combat doivent déjà taper dans les stocks de foin qui étaient prévus pour l'hiver

Avec la sécheresse qui continue à sévir sur le Gard, les cours d'eau et la vegétation sont évidemment impactés, mais les animaux souffrent aussi.

Dans certaines exploitations agricoles, l'herbe se fait particulièrement rare et les éleveurs sont déjà obligés de donner du foin alors que d'habitude ils ne le font qu'en hiver.

Par exemple, à la ganaderia La Paluna à Saint-Gilles (Gard), Vincent Fare et son père Michel élèvent des toros de combat sur une trentaine d'hectares. Ils comptent environ 80 bêtes en ce moment et ils n'ont jamais connu une telle situation.

A bientôt 78 ans, Michel Fare ne se souvient pas d'avoir vécu une sécheresse aussi longue : "Bien sûr, on a déjà connu des périodes compliquées, mais pas à ce point là. Je n'ai jamais vu ça ! J'ai fait mes comptes : entre mars et maintenant, il manque 300 millimètres d'eau !"

Il faudra acheter au moins pour 3.000 ou 4.000 euros de foin

Résultat : certaines parcelles de l'exploitation familiale sont totalement desséchées. Par endroits, il ne reste plus un brin d'herbe. Vincent Fare ne peut que constater les dégâts :

"S"il n'y avait pas quelques arbres, on se croirait dans le désert. Tout est incroyablement sec !"

Les prés situés en bordure du petit Rhône sont un peu plus verdoyantes, mais c'est loin d'être suffisant pour nourrir 80 bêtes, alors il faut déjà taper dans le stock de foin. "D'habitude on ne commence à donner du foin que fin novembre, poursuit Michel Fare. Mais là on a déjà bien sérieusement entamé la récolte de l'été. Déjà qu'elle n'était pas terrible."

Michel et son fils Vincent se sont déjà fait une raison. Ils devront acheter au moins pour 3.000 ou 4.000 euros de foin. Autant d'argent qui ne servira pas à refaire des clôtures ou à rénover le mas familial et les petites arènes où sont testés les toros. Ce sera pour plus tard, mais pour l'instant pas question de jouer avec la santé des animaux.

Seuls les arbres restent encore un peu verts, mais le sol est particulièrement sec - Radio France
Seuls les arbres restent encore un peu verts, mais le sol est particulièrement sec © Radio France - Hervé Sallafranque
L'eau est devenu un bien précieux qu'il ne faut surtout pas gaspiller - Radio France
L'eau est devenu un bien précieux qu'il ne faut surtout pas gaspiller © Radio France - Hervé Sallafranque