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Climat – Environnement

Limoges : l'immense cimetière de Louyat bannit les pesticides

mercredi 26 juillet 2017 à 5:30 Par Justine Dincher, France Bleu Limousin

Comme l'impose la loi, la ville de Limoges n'utilise plus de produits phytosanitaires. À la place, les jardiniers et les fossoyeurs du cimetière de Louyat désherbent à la main et plantent du gazon dans les 20 kilomètres d'allées.

Le gazon a envahi les allées du cimetière de Louyat, à Limoges.
Le gazon a envahi les allées du cimetière de Louyat, à Limoges. © Radio France - Justine DINCHER

Limoges, France

À Limoges, l'immense cimetière de Louyat devient bio. Dans les trois prochaines années, la ville va mener des expérimentations sur ce terrain de 40 hectares. Elles vont permettre d'entretenir le site, sans utiliser de produits phytosanitaires. Depuis le 1er janvier 2017 et l'entrée en vigueur de la loi Labbé, l'État, les établissements publics et les collectivités territoriales n'ont plus le droit d'utiliser d'herbicides, d'insecticides et de fongicides, sauf à deux exceptions : pour l'entretien des cimetières et des terrains de sport.

En revanche, le cimetière de Louyat n'est pas concerné par cette dérogation, parce que ce site immense est aussi un lieu de promenade où des visites touristiques sont parfois organisées. Pour respecter la loi et la santé de ses habitants, la ville de Limoges a donc décidé d'expérimenter le retrait manuel des mauvaises herbes, la création de jachères fleuries et l’engazonnement des voies piétonnes.

Du gazon semé dans les allées

Le cimetière de Louyat est désormais entretenu grâce à des techniques entièrement naturelles. Les expériences ont débuté en 2016. Jusqu'à cette date, le cimetière était un alignement de pierres de marbre. 60.000 sépultures étaient séparées par des allées bétonnées ou en gravier. Les 20 kilomètres de chemin étaient régulièrement désherbés à l'aide de produits phytosanitaires.

Un panneau d'informations installé à l'entrée du cimetière de Louyat, à Limoges. - Radio France
Un panneau d'informations installé à l'entrée du cimetière de Louyat, à Limoges. © Radio France - Justine DINCHER

"Le service des espaces verts de Limoges expérimentent des nouvelles méthodes, explique Laurent Bray, directeur des espaces verts, Nous expérimentons en particulier l'engazonnement dans les allées, et la présence de couvre-sols élaborés à partir de plantes de la région ou de plantes qui poussent spontanément et que nous laissons prospérer."

Invasion d'herbes folles

Pour l'instant, le gazon sort timidement de terre à cause de la météo et les mauvaises herbes prolifèrent. "C'est la première année où nous avons arrêté d'utiliser du désherbant chimique. Toutes les semences stockées dans le sol ressortent, explique Laurent Bray, Les premières années sont toujours difficile pour le public qui visite le cimetière..."

Le gazon peine à sortir en plein été, au cimetière de Louyat à Limoges. - Radio France
Le gazon peine à sortir en plein été, au cimetière de Louyat à Limoges. © Radio France - Justine DINCHER

Régulièrement, la conservatrice du cimetière doit faire de la pédagogie et s'expliquer auprès des usagers. D'après Florence Gourdon, les habitants de la région étaient habitués à avoir des cimetières propres, avec des allées minérales. "Le retour de la nature laisse penser aux gens que le cimetière est à l'abandon. Ils ont l'impression qu'on abandonne leurs proches, ce qui n'est évidemment pas le cas", raconte-t'elle.

ÉCOUTEZ | Florence Gourdon, conservatrice du cimetière de Louyat.

Renfort de jardiniers au cimetière

Toutes les mauvaises herbes sont en train d'être arrachées à la main. Des jardiniers municipaux sont arrivés en renfort lundi 24 juillet, afin de prêter main forte aux 22 fossoyeurs du cimetière. Catherine, jardinière à Limoges, explique que la tâche est longue, mais qu'elle en vaut la peine : "C'est un effort qui va payer. Quand on évite la dissémination des graines et qu'on arrache vraiment la plantule, forcément la mauvaise herbe ne se reproduit pas. C'est un travail long, mais qui porte ses fruits." Les mêmes expérimentations sont menées au cimetière de Landouge et à celui de Beaune-les-Mines.