Climat – Environnement

Loire : face à la sécheresse les maires organisent des transferts d’eau potable

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 23 octobre 2017 à 18:29

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Photo d'illustration © Maxppp -

La sécheresse commence à poser problème dans la Loire. Le sud du département est en vigilance renforcée et dans certaines communes, les réservoirs d’eau potable sont à sec. Les maires doivent organiser des transferts en camions citernes.

France Bleu Saint-Étienne Loire vous en parlait ce lundi matin : la sécheresse commence à inquiéter dans la Loire. L'est du département est en alerte, le sud en vigilance renforcée, et des arrêtés préfectoraux restreignent l'usage de l'eau. Mais si on sait tous qu'il ne faut pas laver sa voiture quand les nappes phréatiques sont vides, il y a une conséquence qu'on connait moins et pourtant, qu'on paye avec nos impôts, c'est l'approvisionnement des communes en eau potable. Un vrai casse-tête pour les maires et un sacré cirque dans les rues de certaines communes ces dernières semaines.

Deux camions citernes de 15m3 tous les deux jours

A Saint-Genest Malifaux, par exemple, vous avez peut-être vu des camions citernes faire des allers-retours, un jour sur deux, entre les bornes incendie du centre-ville et le château d'eau des hameaux à l'ouest du village. C'était en fait, des camions d'eau. Vincent Ducreux s'en est rendu compte début septembre, une des sources qui alimentent les robinets de sa commune est quasiment à sec, alors il faut aller chercher l'eau à l'autre source. "C’est à nous de nous débrouiller", explique le maire, "avec le directeur des services techniques nous avons passé plus d’une heure, un jeudi soir, à trouver un transporteur privé capable d’assurer des livraisons dès le lendemain pour remplir notre château d’eau."

On remplit les citernes dans une source non asséchée et on reverse dans les châteaux d’eau déficitaires" - le maire de Saint-Genest-Malifaux

Et c'est la coopérative laitière Soodial qui a répondu en premier. Pendant le mois de septembre, deux citernes de 15m3 ont ainsi livré de l’eau tous les deux jours. Une tambouille qui ne change rien à la qualité de l’eau, rassure Vincent Ducreux : "L’eau est puisée dans une source contrôlée, les citernes sont lavées et l’eau est réinjectée dans des réservoirs qui la filtrent et la traitent avant qu’elle n’arrive dans les robinets des particuliers."

Vincent Ducreux : "Nous louons des citernes alimentaires à des entreprises privées."

Une facture de 3.000 euros en septembre

En revanche, l’opération a un coût. 3.000 euros en septembre pour la mairie de Saint-Genest-Malifaux. Et la facture du mois d’octobre n’est pas encore arrivée. Alors Vincent Ducreux appelle ses administrés à se freiner un peu. "C’est aussi aux citoyens d’être vigilants. Est-ce qu’il faut vraiment attendre un arrêté préfectoral de restriction d’eau pour faire attention?", s’interroge l’élu. C’est tous les jours de l’année qu’il faut préserver la ressource."

Surtout que le budget peut vite grimper. Pour l'instant, les transferts d’eau potable suffisent mais si les autres sources d'eau devaient s'épuiser, il faudrait acheter de l'eau à d'autres communes ou même louer un groupe filtrant qu'on branche sur une rivière, qui filtre l'eau, la traite et la reverse dans les châteaux. Mais là, c'est encore un autre coût. Heureusement ça n'arrive pas tous les ans. La dernière fois que Saint-Genest-Malifaux a dû louer des citernes pour remplir ses châteaux d'eau, c'était pendant la grosse canicule de 2003.

L'un des réservoirs d'eau de Saint-Genest Malifaux manque d'eau. - Radio France
L'un des réservoirs d'eau de Saint-Genest Malifaux manque d'eau. © Radio France - Faustine Mauerhan