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Mesures post-Fukushima : un gros chantier à la centrale nucléaire de Dampierre

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Par , France Bleu Orléans
Dampierre-en-Burly, France

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, les centrales nucléaires de France ont dû revoir les procédures et les équipements, pour faire face en cas d'accident. Parmi les mesures prévues, l'installation de groupes électrogènes "d'ultime secours". Les travaux débutent à Dampierre.

Les travaux d'installation des groupes électrogènes doivent durer jusque fin 2018
Les travaux d'installation des groupes électrogènes doivent durer jusque fin 2018 © Radio France - Anne Oger

C'est sans doute l'un des chantiers les plus spectaculaires de ces dernières années, à la centrale nucléaire de Dampierre en Burly. Les travaux ont débuté en septembre et déjà commencent à s'élever les fondations de ce qui ressemblera à un énorme bunker, construit avec un béton spécial et prévu pour résister à des événements climatiques exceptionnels. "Le bâtiment doit pouvoir résister à un tremblement de terre, il repose sur 8 appuis para-sismiques" explique Loïc Tardif, l'ingénieur en charge des mesures post-Fukushima à la centrale de Dampierre. "Il est aussi surélevé pour faire face au risque d'inondation. Il faut imaginer une immense vague qui arriverait de la Loire et qui viendrait submerger le site et donc les alimentations électriques existantes". Dans ce cas les diesels d'ultime secours qu'à Dampierre on appelle déjà les DUS, entreraient en action, du haut de ce bâtiment conçu pour être insubmersible et qui fera, une fois terminé, plus de 25 mètres de haut.

Toutes les mesures de référence pour construire nos installations et nos équipements de secours étaient déjà bien au-dessus d'une crue centennale de la Loire, par exemple. Depuis Fukushima on est encore au-delà, on se base notamment sur un risque de séisme qui ne s'est jamais produit en France

Si l'Autorité de Sûreté Nucléaire a demandé à EDF de prévoir ces installations d'ultime secours, c'est parce qu'à Fukushima, les installations électriques et les pompes assurant l'alimentation en eau pour arroser les réacteurs et les piscines de refroidissement, ont cédé sous la vague du tsunami qui s'est abattu sur la région. A Dampierre, des groupes électrogènes sont déjà prévus pour prendre le relais de l'alimentation électrique existante. Ils ont été conçus en fonction, déjà, de ces risques majeurs. Mais depuis Fukushima les mesures de référence ont été revues à la hausse. "Là où on se basait déjà sur des hypothèses supérieures à une crue centennale de la Loire, et à un tremblement de terre millénaire, tout a été réévalué, on imagine maintenant un séisme jamais rencontré en France" explique Loïc Tardif.

Prochaine étape : l'installation d'un point d'eau d'ultime secours

Ces diesels d'ultime secours, opérationnels fin 2018 et construits un peu à l'écart des quatre réacteurs, ne seront activés que si les autres sont inutilisables, ils auront une autonomie de 72 heures, et seront associés à un point d'eau d'ultime secours, qui lui aussi est imposé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire. C'est le prochain gros chantier à venir, avec également un nouveau centre de crise, qui lui aussi sera construit dans un bâtiment protégé. Le but c'est bien de s'assurer que les équipes de la centrale nucléaire ne perdront pas le contrôle des réacteurs. Tout cela s'ajoute à d'autres mesures déjà en place : Dampierre accueille l'un des quatre escadrons de la Farn, la Force d'Action Rapide du Nucléaire, des spécialistes des interventions à risque.

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