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Climat – Environnement

Nicolas Hulot appelle à se mobiliser face au déclin "vertigineux" des oiseaux des campagnes

mardi 20 mars 2018 à 16:04 Par Marina Cabiten, France Bleu Poitou et France Bleu

En zones agricoles, les populations d'oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leur effectif en 15 ans, selon les relevés conduits depuis 1989 par le "Suivi Temporel des Oiseaux Communs" (Stoc), publiés mardi.

Les oiseaux des campagnes en déclin "vertigineux", Muséum et CNRS sonnent l'alarme.
Les oiseaux des campagnes en déclin "vertigineux", Muséum et CNRS sonnent l'alarme. © AFP - Leemage

Moins 60% de moineaux friquet depuis 10 ans, un tiers d'alouettes des champs disparues en 15 ans... Les oiseaux des campagnes françaises sont victimes d'un déclin "vertigineux", qui s'est encore intensifié depuis deux ans, selon de nouveaux recensements. "Le printemps 2018 s'annonce silencieux dans les campagnes françaises", s'alarment le CNRS et le Muséum national d'histoire naturelle dans un communiqué, mardi, estimant que "ce déclin atteint un niveau proche de la catastrophe écologique".

Les pratiques agricoles montrées du doigt

En zones agricoles, les populations d'oiseaux ont perdu en moyenne un tiers de leur effectif en 15 ans, montrent les relevés conduits depuis 1989 par le "Suivi Temporel des Oiseaux Communs" (Stoc), qui, au sein du Muséum, surveille aussi la situation des villes et forêts.
"On ne prend pas de grands risques en disant que les pratiques agricoles sont bien à l'origine de cette accélération du déclin", a dit à l'AFP Grégoire Loïs, directeur-adjoint de Vigie-Nature, qui chapeaute le Stoc, car les oiseaux ne déclinent pas au même rythme dans d'autres milieux.  

Une autre étude, menée par le CNRS depuis 1995 dans les Deux-Sèvres, sur 160 zones de 10 hectares d'une plaine céréalière typique des territoires agricoles français, enfonce le clou. "Les populations d'oiseaux s'effondrent littéralement dans les plaines céréalières", constate Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d'études biologiques de Chizé. "Les perdrix se sont presque éteintes dans notre zone d'étude."

Un signe d'une dégradation globale de l'écosystème

"Ce qui est alarmant c'est que tous les oiseaux du milieu agricole régressent à la même vitesse. Cela signifie que c'est la qualité globale de l'écosystème agricole qui se détériore", analyse le chercheur. Toutes les espèces sont concernées, probablement du fait de l'effondrement des insectes, "le problème numéro un", pour Vincent Bretagnolle. 

Cette disparition massive est concomitante à l'intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009, période qui correspond à la fin des jachères imposées par la Politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à un nouveau recours au nitrate et à la généralisation des insecticides néonicotinoïdes, énumèrent le CNRS et le Muséum.

Nicolas Hulot prend partie

"Si cette situation n'est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole, pour accélérer les changements de pratiques", appellent le Muséum et le CNRS.
Réagissant sur Twitter, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a appelé à "se mobiliser" car selon lui "chacun peut agir : réduire les pesticides, lutter contre l'artificialisation des sols, réduire les pollutions".