Climat – Environnement

Notre-Dame-des-Landes : le rapport caché qui démonte les arguments des pro-aéroport

Par Boris Hallier, France Bleu Loire Océan et France Bleu mercredi 17 février 2016 à 12:22

Décollage sur la piste de l'aéroport Nantes-Atlantique.
Décollage sur la piste de l'aéroport Nantes-Atlantique. © Maxppp - Franck Dubray

C'est un rapport dévoilé par Le Canard Enchaîné, ce mercredi. Réalisé par les services de la préfecture de Loire-Atlantique, il bat en brèche les arguments selon lesquels un agrandissement de la piste de l'actuel aéroport serait préjudiciable à l'écosystème du lac de Grand-Lieu.

Les arguments reviennent régulièrement dans la bouche des partisans d'un transfert de l'actuel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Augmenter la taille de la piste de Nantes-Atlantique mettrait en péril l'équilibre écologique du lac de Grand-Lieu, zone protégée classée Natura 2000. Mais d'après ce rapport dévoilé par _Le Canard Enchaîné,  _cet allongement "ne présente pas de risque pour la faune de la réserve naturelle et n'augmente pas le péril aviaire".

Un rapport commandé par le préfet de région

D'après Le Canard Enchaîné, cette étude est arrivée sur le bureau du préfet de Loire-Atlantique le 10 septembre 2014. Henri-Michel Comet avait demandé aux experts de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) d'étudier l'impact d'une extension éventuelle de la piste de Nantes-Atlantique. Et le résultat "est désastreux pour son commanditaire", raconte Le Canard Enchaîné.

La conclusion de l'étude sur le maintien de Nantes-Atlantique (Canard Enchaîné) - Radio France
La conclusion de l'étude sur le maintien de Nantes-Atlantique (Canard Enchaîné) © Radio France - Boris Hallier

"Sur deux pages, la Dreal martèle que rallonger la piste n'aurait aucun impact négatif sur Grand-Lieu et démonte, point par point, les arguments en faveur de Notre-Dame-des-Landes", souligne le journal. 

  • Les survols du lacD'après cette étude, ils ne seraient pas nuisibles. Les avions qui utiliseraient cette piste ne voleraient "pas au-dessous de 300 mètres", l'altitude minimale de protection de la réserve naturelle. 
  •  Les oiseaux. Une activité plus intense de l'aéroport Nantes-Atlantique "ne sera pas perceptible par la faune du lac et ne générera pas de perturbation", selon la Dreal. 
  • Les zones humides. Là encore, d'après ce rapport, "l'impact serait très minime, en comparaison de ceux qui seraient issus de l'urbanisation prévisible" en cas de transfert.

"Une conclusion en forme de coup de grâce"

D'après l'étude, la piste "garantit la préservation des zones humides de la ceinture verte générée par l'aéroport, qui participent à l'équilibre écologique de la réserve face à l'urbanisation de l'agglomération nantaise". Une conclusion "en forme de coup de grâce", ironise Le Canard Enchaîné

L'article du Canard Enchaîné publié ce mercredi. - Radio France
L'article du Canard Enchaîné publié ce mercredi. © Radio France - Boris Hallier