Climat – Environnement

"Nous commençons la semaine prochaine" à mesurer les nuisances sonores liées à la LGV dans la Vienne (T. Charlemagne)

Par Margot Delpierre, France Bleu Poitou vendredi 22 septembre 2017 à 5:00

Thierry Charlemagne est le directeur environnement et développement durable de LISEA
Thierry Charlemagne est le directeur environnement et développement durable de LISEA © Radio France - Margot Delpierre

La première campagne de mesures acoustiques a commencé le 19 septembre en Charente. Elle débutera le 27 septembre dans la Vienne. Au total, 250 points de mesures ont été définis sur le tracé de la LGV pour savoir si la législation concernant les nuisances sonores est respectée.

Comment vont se dérouler les mesures ?

Le Cerema, bureau d'études public, se chargera des mesures à 250 endroits sur le tracé de la ligne à grande vitesse, dont 60 dans la Vienne. Un chiffre qui a bien augmenté. "Nous avons effectivement rajouté 150 points de mesure au 100 points initiaux pour répondre à l'ensemble des sollicitations qui nous ont été faites" par les communes, explique Thierry Charlemagne. "Nous posons pour chaque habitation les appareils de mesure à deux mètres du sol et à deux mètres de la façade la plus exposée à la LGV. La mesure dure 24 heures", ajoute le directeur environnement et développement durable de Lisea.

Que dit la réglementation ?

Le niveau de bruit ne doit pas dépasser une moyenne de 60 décibels entre 6 heures et 22 heures, et de 55 décibels entre 22 heures et 6 heures. Problème : c'est donc une moyenne qui est mesurée et non pas le bruit réel, ce que regrettent de nombreux riverains. Les pics de bruit, quand l'un des 70 trains quotidien passe, ne sont donc pas réellement pris en compte.

"C'est comparer des choses incomparables", estime Patrick Lantrès, président du comité TGV Réaction Citoyenne. "Entre un bruit moyen et un bruit réel, il faut compter 27 décibels d'écart", soit un niveau sonore neuf fois plus fort. Puisque Lisea souhaite respecter la réglementation, et estime ne pas pouvoir à chaque fois tenir compte du ressenti des riverains au détriment des normes, certains habitants ont directement interpellé leur député pour tenter de faire modifier la législation.

Et si le niveau sonore est trop élevé ?

Notre engagement est de vérifier que ce seuil n'est pas dépassé au moment de la mise en service, mais également pendant toute la durée de la concession de la LGV jusqu'en 2061. Si les seuils sont supérieurs à 60 décibels, nous prenons l'engagement d'engager les études nécessaires pour mettre en oeuvre les protections acoustiques supplémentaires." - Thierry Charlemagne

Ces protections peuvent prendre la forme d'un mur ou d'un merlon anti-bruit, sorte de butte artificielle.

Réécoutez l'interview de Thierry Charlemagne sur France Bleu Poitou

L'institution de Larnay, un cas particulier

L'association Larnay Sagesse accueille 110 résidents qui souffrent de handicaps sensoriels - Radio France
L'association Larnay Sagesse accueille 110 résidents qui souffrent de handicaps sensoriels © Radio France - Margot Delpierre

L'association Larnay Sagesse fait partie de ces sites étudiés au cas par cas. Le personnel de la structure, qui vient en aide aux personnes en situation de handicaps sensoriels, voit passer les trains depuis le fond du jardin. L'institution est située à une centaine de mètres de la LGV. Les sourds sont particulièrement sensibles aux vibrations. Ils ressentent plus que les entendants le souffle provoqué par le passage des trains.

La directrice générale Bénédicte Dabrowski-Kaminski connait bien le dossier. Depuis 2009, elle a obtenu la construction d'un merlon anti-bruit. Elle a également fait changer une partie des fenêtres pour atténuer le bruit : une opération financée à 50% par Lisea. Mais ces décisions ont été prises bien avant le passage effectif des trains. Dans les semaines à venir, deux points de mesure seront donc étudiés à l'institution. Ils mesureront uniquement les nuisances sonores.

Pour les vibrations, il faut attendre une autre étude en mars 2018. Certains résidents qui prennent leur mal en patience ont préféré changer de chambre, pour vivre dans une aile moins exposée.