Climat – Environnement

Nouvelle distribution d'iode autour des centrales nucléaires de la région

Par Stéphane Barbereau et Anne Oger, France Bleu Orléans lundi 11 janvier 2016 à 10:54

La centrale nucléaire de Dampierre en Burly
La centrale nucléaire de Dampierre en Burly © Maxppp - Christelle Besseyre

La campagne de distribution de pastilles d'iode pour les habitants situés dans un rayon de 10 kilomètres autour des 19 centrales française débute à la fin du mois de janvier.

C'est un petit courrier que les habitants situés dans un rayon de 10 kilomètres autour des centrales de Saint Laurent des Eaux, Dampierre en Burly et Belleville sur Loire, n'avait plus reçu depuis 2009. Une lettre dans laquelle on les invite à se rendre à la pharmacie la plus proche pour retirer leurs comprimés d'iode à avaler en cas d'accident nucléaire. Sur le  secteur de Dampierre, ce sont 25 000 personnes qui sont concernées (45 000 personnes lors du rassemblement annuel de la communauté de gens du voyage à Neuvoy). Pierre Boquel est le chef de la division Orléans à l'ASN, l'autorité de sûreté nucléaire :

Cela permet de protéger sa thyroïde. L'iode radioactif, produit dans le réacteur, s'il est respiré  ou avalé peut augmenter à terme le risque de cancer.

P. Boquel explique l'intérêt des comprimés d'iode

En ingérant le comprimé, on sature la thyroïde en iode stable et cela évite d'ingérer l'iode radioactive produite dans la centrale. En 2009, lors de la précédente campagne de distribution de ces cachets, seuls 50% des habitants étaient venus en pharmacie retirer le médicament. Un cachet qui a un effet limité, voire dérisoire ?

On envisage le pire. Dans ce scénario, le cas de rejet d'iode radioactif serait légèrement anticipé par les pouvoirs publics qui demanderaient aux populations d'avaler le cachet. Son efficacité serait d'une journée.

Pierre Boquel, le chef de la division ASN d'Orléans - Radio France
Pierre Boquel, le chef de la division ASN d'Orléans © Radio France - Stéphane Barbereau

Elargir le périmètre de distribution des pastilles d'iode ?

Cette distribution est nécessaire selon l'Acirad, l'Association pour le contrôle et l'information sur la radioactivité en région Centre. Mais elle aurait peut-être dû être plus large pour son président, Philippe Perrucot :

Ce qui compte, ce sont les vents. Si le jour où il y a un incident, il y a du vent, on va très vite déborder le cercle de 10 kilomètres. Les gens qui sont dans ces zones, il faut être sûr de pouvoir distribuer rapidement les pastilles.

Nicolas Perrucot, président de l'Acirad

En Suisse, on a récemment élargi le périmètre de distribution de ces pastilles, le faisant passer en 2014 de 20 à 50 kilomètres, le nombre d'habitants concernés étant alors multiplié par 4 !

Des stocks supplémentaires distribués en cas d'accident nucléaire majeur

Mais Pierre Boquel rappelle que des stocks supplémentaires de pastilles d'iode sont pré-positionnés pour parer à tout accident. Et il ajoute que si les rejets radioactifs se prolongent, il sera demandé aux populations d'évacuer les lieux. Sauf qu'en 2011, à Fukushima, au Japon, aucun de ces protocoles n'avaient été respecté :

En cas d'accident, on serait face à une situation très grave. Malgré tout on dispose d'un certain nombre d'outils qui nous permettrait, dans une certaine mesure, de faire face à l'accident

Pour P. Boquel, la France est prête à affronter un accident nucléaire

L'alerte en cas d'accident nucléaire prend plusieurs formes : d'abord le déclenchement de sirènes, ensuite un système d'appel automatique d'EDF sur les téléphones fixes des habitants alentour, des patrouilles également dans les rues pour alerter la population. Le signal donné aux habitants pour avaler leur pastille d'iode est une sirène : 3 signaux d'1 minute 40 répétés trois fois.

PRATIQUE : réunion d'information ce soir à Dampierre en Burly, à 20h.

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