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Climat – Environnement

Opération nettoyage dans l'une des pires décharges sauvages d'Île-de-France

lundi 5 mars 2018 à 5:51 Par Lisa Melia, France Bleu Paris

Une trentaine de bénévoles de l'association OSE a chaussé les bottes et enfilé les gilets jaunes pour nettoyer une zone, près de la Marne, où une montagne de déchets s'amoncelle. Quatre jeunes de l'association ESPOIR sont venus leur prêter main forte.

Oumar, Marwane, Myriam et Candice consacrent leur dimanche à ramasser les déchets
Oumar, Marwane, Myriam et Candice consacrent leur dimanche à ramasser les déchets © Radio France - Lisa Melia

Saint-Thibault-des-Vignes, France

"En cinq minutes, on a déjà rempli le sac." Marwane, 13 ans, est impressionné par sa collecte de déchet, le gros sac de 100 L qu'il tient à la main est déjà plein. "En plus, on parle plus qu'on ne travaille", ajoute-t-il avec un sourire, comme pour prouver l'ampleur de la tâche. Les quatre ados, chapeautés par deux éducateurs, se sont joint ce dimanche matin aux bénévoles de l'association OSE, Organe de Sauvetage Ecologique. Depuis trois décennies, OSE traque les détritus et mène des opérations de nettoyage.

Décharges sauvages  

"Cette zone est l'une des pires décharges sauvages d'Île-de-France, peut-être même de France", soupire Adeline Gerritsen, vice-présidente d'OSE, confirmant l'intuition de Marwane : la journée de ramassage sera longue. Nous sommes à Saint-Thibault-des-Vignes, sous le pont de l'autoroute, près de la décharge du Sietrem. "Le problème, poursuit Adeline Gerritsen, c'est que la décharge n'est ouverte qu'à certains horaires et elle est payante pour les entreprises. Aussi bien les professionnels que les particuliers ne se gênent donc pas pour venir ici jeter leurs déchets, gratuitement et à n'importe quelle heure."

Entre les arcanes du pont, les bénévoles découvrent donc des emballages plastiques par dizaines, un bout de lavabo, une vieille mallette en cuir, des tuiles, du papier bulle, du polystyrène... "Ça me dérange vraiment que les gens jettent tout ça", râle Marwane, abandonnant son air bravache. "J'ai des paquets de bonbon, une bouteille de soda, des emballages", énumère Oumar, 14 ans, sous la surveillance d'Abder, l'un des deux éducateurs spécialisés, qui secoue la tête d'un air navré. Les ados n'en sont pourtant pas à leur première journée de nettoyage. Ils prévoient de partir à Bastia, en Corse, l'été prochain, pour participer à d'autres opérations de nettoyage, sur les plages. Pour qu'ils ne découvrent pas le travail au dernier moment, l'association ESPOIR, à l'origine du projet, les emmène régulièrement sur des zones à nettoyer, dans la région parisienne.  

Abder, éducateur spécialisé

Un travail sans fin 

"Est-ce que vous aimez les animaux ?, lance Edouard Feinstein, président d'OSE. Dîtes-vous que votre mission aujourd'hui est très importante : 80% des déchets qui se trouvent dans la mer sont arrivés depuis les fleuves et les rivières. Tout ce que vous ramassez, c'est peut-être la vie d'une baleine ou d'un oiseau sauvée." Le message touche sa cible : les jeunes redoublent d'efforts, sans rechigner, et même "avec fierté", assure Myriam, 13 ans. "Si on continue comme ça, on va vivre sur un tas de déchet", s'indigne-t-elle. Les riverains qui ont alerté OSE, eux, ne sont jamais venus participer aux nettoyages, note Edouard Feinstein.

Si le pont est dans un état aussi lamentable, c'est aussi la faute aux intempéries. La crue a charrié beaucoup de saletés, ce qui serait presque une bonne nouvelle : au moins, tout ce qui a atterrit sur les berges ne se trouve plus dans la Marne et n'atterrira pas dans l'océan. Pourtant, il y aurait matière à découragement : l'association nettoie la zone deux fois par an, depuis déjà 10 ans. "Il y a quelques temps, on a eu l'espoir de voir une amélioration, raconte Adeline Gerritsen. Malheureusement, ça a été difficile de mobiliser les acteurs publics. Nous ne baissons pas les bras, car tout ce que nous avons retiré représente une pollution en moins. Le déchet attire le déchet : sans notre action, la situation serait ingérable. Les communes doivent tout de même se mobiliser : nous ne pourrons pas nous occuper de cette zone ad viteam."  

Adeline Gerritsen, vice-présidente d'OSE

Depuis 1990, l'association OSE a mené 350 chantiers, aussi bien en Île-de-France qu'en Normandie, en Auvergne ou encore en PACA. Au début des années 2000, les bénévoles se sont mêmes rendus en Italie, en Egypte et en Argentine pour des opérations de nettoyage des fleuves. Au total, en près de 30 ans, elle a sorti des eaux plus de 2 830 tonnes de déchets.

Reportage avec les bénévoles qui nettoient les bords de Marne