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Climat – Environnement

Orages en Gironde : le vignoble durement touché par la grêle

samedi 26 mai 2018 à 17:39 Par Arnaud Carré et Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu

Le fort épisode de grêle qui a frappé le département ce samedi n'a pas épargné les vignes. Le Bourgeais, le Blayais et le Sud Médoc ont été particulièrement impactés. Dégâts également dans le Pays Foyen. Pour certains viticulteurs, la récolte est déjà terminée.

La grêle a notamment frappé les vignes des Côtes de Bourg.
La grêle a notamment frappé les vignes des Côtes de Bourg. - Photos internautes France Bleu Gironde

Il est bien sûr encore trop tôt pour évaluer les dégâts mais certains viticulteurs ont déjà fait une croix sur la récolte. A une époque de l'année où la floraison de la vigne débute, les grêlons ont martyrisé les feuilles, les bourgeons, les premières grappes et même attaqué les rameaux. 

Le Blayais et les Côtes de Bourg ont subi de plein fouet l'orage qui a remonté le département du nord au sud dans l'après-midi. Un coup dur de plus dans des exploitations déjà durement touchées par le double épisode de gel d'avril 2017.

Exemple à Samonac, près de Bourg sur Gironde, où de nombreux viticulteurs étaient dans leurs parcelles, quelques heures après l'orage, pour mesurer l'étendue des dégâts. Cyril Giresse exploite Château Gravettes Samonac, 25 hectares répartis sur trois communes. Il s'est installé il y a quatre ans, et il estime déjà qu'il a perdu les trois-quarts de sa récolte.  "L'épisode n'a pas duré plus d'un quart d'heure , explique-t-il, avec des grêlons  de la taille d'un oeuf de pigeon, et beaucoup de vent. La percussion avec la végétation a été très violente." 

Cyril Giresse mesure l'étendue des dégâts dans sa parcelle la plus touchée - Radio France
Cyril Giresse mesure l'étendue des dégâts dans sa parcelle la plus touchée © Radio France - Pierre-Marie Gros

Certaines de ses parcelles ont été touchées à 100%. "A certains endroits, il ne reste rien du tout. Plus de feuille, plus de grappe, tout est vraiment abîmé, même les ceps de vigne ont été mis à nu. C'est comme si tout avait déjà été vendangé."

C'est comme si 'était déjà vendangé, c'est vous dire la violence. - Cyril Giresse, de Château Gravettes Samonac, à Samonac 

"Après le gel l'an dernier, la grêle, ça va être difficile de s'en remettre"

Lui qui a déjà été touché par le gel du printemps dernier, il reconnaît qu'il est "abattu, découragé. On est beaucoup de jeunes dans cette appellation, on est assez solidaires, je pense qu'on se serrera les coudes et qu'on passera le cap, mais je vous avoue que ça va être difficile; ça met en péril beaucoup de projets, beaucoup d'investissement. L'avenir s'assombrit." 

Même constat dans le Sud Médoc. Jean-Dominique Chateau exploite 110 hectares de Haut-Médoc et de Bordeaux supérieur entre Macau et les bords de Garonne. "Après 13h, j'ai vu tomber des grêlons de la taille d'un bel oeuf de pigeon et pendant dix minutes, ça a été incessant avec des vents très violents et tournoyants. Au niveau du vignoble, toute la végétation a été hachée. Il reste des rameaux de 10 à 20 centimètres alors que la vigne faisait autour de 45 à 50 centimètres."

Des grêlons de la taille d'un bel oeuf de pigeon, le pire orage que j'ai pu voir"

Le viticulteur a visité à peine 30% de ses parcelles mais il sait déjà que l'addition sera salée. "C'est un bilan catastrophique. Là, il n'y a plus de récolte. J'ai 33 ans de carrière, c'est le pire orage que j'ai pu voir. L'année dernière, on n'a eu que 40% de notre récolte. Là, ça va être encore plus terrible. On avait un potentiel de récolte très intéressant et aujourd'hui on n'a plus rien."

En 33 ans, je n'avais jamais vu ça. On n'a plus rien. - Jean-Dominique Château, de Château Maucamps, à Macau 

A l'Assemblée nationale où il défendait son projet de loi, le ministre de l'Agricullture, Stéphane Travert a déclaré avoir "bien entendu l'appel" de plusieurs députés qui l'ont interpellé sur les orages de grêle. "Nous prendrons les mesures qui s'avèrent nécessaires, nous rencontrerons s'il le faut la filière viticole du Bordelais", a-t-il dit. Une fois le détail des dégâts connu, le gouvernement examinera, a-t-il ajouté, "quelles mesures nous pouvons apporter et quel soutien nous pouvons mettre en place".

Une réunion de crise est prévue lundi matin à la Fédération des Grands Vins de Bordeaux pour dresser un premier bilan des dégâts.