Climat – Environnement

A Orléans, le renouveau du chauffage urbain

Par Stéphane Barbereau, France Bleu Orléans mercredi 13 janvier 2016 à 17:03

Les travaux de chauffage urbain ont commencé, rue Serpente, à Orléans
Les travaux de chauffage urbain ont commencé, rue Serpente, à Orléans © Radio France - Stéphane Barbereau

Longtemps boudé parce que hors de prix, le chauffage urbain séduit de nouveau sur Orléans. Il faut dire que les prix ont baissé de 30% en deux ans grâce à l'ouverture d'une chaufferie biomasse au Nord de la ville. Le réseau va donc s'étendre, les travaux débutent.

Depuis quelques mois,  les demandes de raccordement se multiplient à la SODC, la société orléanaise de distribution de chauffage. C'est elle qui gère le réseau de chauffage urbain sur la partie Nord d'Orléans (centre-ville, Dunois, Gare, Coligny, Argonne). Depuis l'ouverture de la chaufferie biomasse dans le quartier des Groues, les prix ont chuté de 30%.

Désormais, le chauffage urbain fonctionne au bois. Une matière première brûlée à la nouvelle chaufferie qui permet de produire de la vapeur d'eau qui va chauffer ensuite l'eau circulant alors dans les canalisations du réseau de chauffage urbain. Dans le sous-sol d'Orléans, l'eau circule alors à 105° degrés pour chauffer appartements, maisons et bureaux.

Fini le gaz (très cher), bienvenue le bois (bon marché)

Avant cette révolution écologique dans nos tuyaux de chauffage, la SODC était connue pour pratiquer des tarifs prohibitifs. José-Carlos Henriques est chef de projet chez Cofély, la société désignée par la ville d'Orléans pour gérer le réseau de chauffage urbain :

C'est vrai que la réputation du réseau d'Orléans-Nord était pas terrible, là aujourd'hui, on commence à redorer le blason

La raison : jusque-là, le réseau de chauffage urbain fonctionnait au gaz naturel. Depuis l'an passé et l'ouverture de la nouvelle chaufferie, le rapport énergie fossile/ énergie renouvelable s'est totalement inversé. Les Orléanais raccordés à la SODC se chauffent à 81% en énergie renouvelable. Cela se ressent forcément sur la facture, surtout au moment où les températures refroidissent. Stéphanie Anton est l'adjointe au maire d'Orléans chargée du développement durable :

Comme on est sur une TVA à taux réduit à 5,5%, ça permet d'avoir un coût plus abordable. On n'est pas sur une énergie fossile, c'est du bois, donc il n'y a pas de fluctuation comme il peut y avoir sur les autres matières premières

Elus et techniciens ont visité les chantiers du réseau de chauffage urbain - Radio France
Elus et techniciens ont visité les chantiers du réseau de chauffage urbain © Radio France - Stéphane Barbereau

Les collectivités locales premières intéressées par le chauffage urbain

Ces prix très attractifs ont surtout convaincu, dans un premier temps, les collectivités locales. Plusieurs bâtiments publics vont donc être raccordés d'ici cet été : la médiathèque (les travaux seront finis fin janvier), le collège Jeanne d'Arc, le lycée Jean Zay, l'Hôtel de Ville d'Orléans.

Ecoutez le reportage sur l'extension du chauffage urbain à Orléans

Mais les propriétaires privés commencent aussi à se montrer intéressés : le promoteur qui doit construire un ensemble de 220 logements en lieu et place de l'ancienne clinique de la Reine Blanche, quartier Saint Laurent, prévoit de se brancher au chauffage urbain. La SODC possède aussi un indicateur pour mesure le nombre de personnes raccordées : c'est le nombre d'équivalent logements. On en comptait 12 000 l'an passé, on sera à 15 000 en 2017 et sans doute 20 000 en 2020, soit une hausse attendue spectaculaire de 67% en 5 ans !

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