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Climat – Environnement

Paris : la chasse aux punaises diaboliques est ouverte

dimanche 4 novembre 2018 à 6:08 Par Faustine Mauerhan, France Bleu Paris et France Bleu

C’est le fléau de cet automne à Paris et à peu près partout en France : les "punaises diaboliques" pullulent. Cette espèce-là ne pique pas, est inoffensive mais vole et rentre dans nos maisons, nos appartements pour se mettre au chaud pour l’hiver. Plus grave, elles pourraient tuer nos cultures.

A l'inverse de la punaise des bois (au centre), la punaise diabolique est marron, avec des points blancs sur ses antennes.
A l'inverse de la punaise des bois (au centre), la punaise diabolique est marron, avec des points blancs sur ses antennes. © Radio France - Faustine Mauerhan

Île-de-France, France

L'Halyomorpha halys de son nom latin, n’a pas l’air si diabolique à l’œil nu, et pourtant… Rien à voir d’abord avec les punaises de lit - qui nous gâche la vie aussi -, cette espèce est plus grosse, verte ou marron,  avec des points blancs sur les antennes et sur la carapace, elle fait du bruit en volant et sent mauvais quand on l’écrase. Nicolas, peut le confirmer. Il y en voit à son travail, à Nanterre. "On en a beaucoup, sur les rebords de murs, là où on fait nos pauses cigarettes. C’est vrai que je n’en avais jamais vu autant que cette année."

Cinq ou six par semaine dans l’appartement

Ce parisien en a même retrouvé chez lui, dans le 13e arrondissement et pourtant, il habite au 5e étage. "Je ne sais pas comment elle est montée jusque-là, elle s’est faufilée par la fenêtre." Même chose sûrement chez la fille de Micheline qui en attrape cinq ou six par semaine dans son appartement du 19e arrondissement. "Elle les piège avec un verre et un bout de carton et elle les balance par la fenêtre", croit savoir sa mère. 

Mais c’est un mauvais réflexe. Il faut carrément les tuer. Car ce n'est pas une punaise "diabolique" pour rien. Elle se reproduit très vite : la femelle pond jusqu'à 200 œufs. Aux Etats-Unis, on en voit des centaines de milliers dans certaines maisons explique ainsi Romain Garrouste, chercheur à l’institut de systématique et biodiversité du Muséum national d’histoire naturelle à Paris.

"C’est une espèce invasive. Elle a un potentiel de reproduction très important, une forte fécondité dans les cultures et un comportement d’agrégation vraiment désagréable. Si on ne fait rien, on se retrouve avec des populations très fortes, qui envahissent les habitations à la fin de l’automne, pour _passer l’hiver au chaud, quasiment sans bouger, dans les recoins sombres de nos maisons._"

Romain Garrouste : "On atteint des niveaux de population inquiétants."

Mais le plus grave pour Romain Garrouste, c'est que si on les laisse se propager, elles vont ruiner nos agriculteurs. "Ce sont des phytophages, elles se nourrissent uniquement de végétation et notamment de fruits donc avec la reproduction de masse, elles risquent de ravager de nombreuses cultures, alerte le spécialiste. Des cultures maraîchères et fruitières, mais aussi, les champs de maïs ou de soja. La punaise diabolique a causé à ce jour, plusieurs millions de dollars de dégâts aux Etats-Unis. C’est d’eux qu’elle tient son surnom de punaise diabolique d’ailleurs."

Alors pour ne pas en arriver là, et pour aider à lutter contre les punaises diaboliques, il faut les signaler sur un site mis en place spécialement par le muséum d'histoire naturelle. Il suffit de cliquer ici, de renseigner le lieu précis où vous l’avez trouvé et d’envoyer une photo.

Le reportage de France Bleu Paris sur la punaise diabolique.

Romain Garrouste est le premier chercheur à avoir alerté sur l'invasion des punaises diaboliques en France. - Radio France
Romain Garrouste est le premier chercheur à avoir alerté sur l'invasion des punaises diaboliques en France. © Radio France - Faustine Mauerhan