Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

Glyphosate : l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi demande à Nicolas Hulot de quitter le gouvernement

mercredi 30 mai 2018 à 10:31 Par Adeline Divoux et Nicolas Crozel, France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu Isère et France Bleu

L'interdiction du glyphosate d'ici 2021 en France ne figure pas dans le projet de loi "agriculture et alimentation" qui sera mis au vote ce mercredi après une semaine de débats houleux à l'Assemblée nationale. L'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi dénonce un renoncement sous le poids des lobbys.

Michèle Rivasi dénonce un "renoncement du gouvernement" pour le glyphosate dans la loi Agriculture.
Michèle Rivasi dénonce un "renoncement du gouvernement" pour le glyphosate dans la loi Agriculture. © Radio France - Laurent Grolée

La commercialisation du glyphosate en France devait être interdite d'ici 2021. C'était une promesse d'Emmanuel Macron. Pourtant, cet objectif ne figure plus dans le projet de loi Agriculture et alimentation qui sera mis au vote des députés ce mercredi après-midi. La notion d'interdiction a été rejetée par les députés présents dans l'hémicycle durant la nuit de lundi à mardi à l'Assemblée nationale. "J'ai été écœurée", réagit Michèle Rivasi. Invitée à 7h50 sur France Bleu Isère ce mercredi, la députée européenne Europe Ecologie les Verts (EELV) de la Drôme s'indigne contre la politique du gouvernement : "Cela signifie qu'il y a eu les lobbys qui ont fait en sorte qu'il n'y ait pas d'interdiction." Or sans interdiction, sans coercition, il n'y a pas d'avancée sur ces sujets, estime la militante écologiste qui cite en exemple l'échec du Grenelle de l'environnement : "On avait dit qu'on réduirait l'utilisation des pesticides de 50%, mais il y a eu au contraire une augmentation, même de 20% de plus, de leur utilisation."

"Il faut souvent des interdictions ou des contraintes pour faire bouger les choses." - Michèle Rivasi, députée européenne EELV

"Je trouve que c'est un renoncement, un reniement, alors que la France faisait figure de leader", se désole Michèle Rivasi. Bien que le gouvernement ait annoncé que cette interdiction de commercialisation verrait quand même le jour malgré son absence dans la loi, l'eurodéputée est sceptique. "Il faut souvent des interdictions ou des contraintes pour faire bouger les choses", affirme-t-elle. 

Michèle Rivasi sur France Bleu Isère

Michèle Rivasi estime que le gouvernement doit avoir des objectifs : "Le gouvernement voudrait une autre substance active qui remplace le glyphosate. Mais ce n'est pas cela l'alternative, on ne va pas remplacer une substance chimique par une autre substance chimique." La députée européenne suggère aux agriculteurs de labourer leurs champs plutôt que d'utiliser du glyphosate en fin de récolte. Michèle Rivasi se défend d'être caricaturale dans ses propos : "Les agriculteurs disaient même que c'était plus écolo d'utiliser ce produit car ils utilisaient moins de fioul."

"Je n'ai jamais vu une loi aussi anti-écolo." - Michèle Rivasi, députée européenne EELV

"Il n'y a pas que cela qui a été abandonné dans la loi", dénonce Michèle Rivasi. Elle pense notamment aux périmètres autour des écoles, mais aussi au bien-être animal avec l'abandon de l'interdiction de l'élevage des poules en cage et de l'installation des caméras de vidéosurveillance dans les abattoirs. "Sur le bien-être animal, c'est une catastrophe", s'indigne-t-elle. Elle ajoute même : "Ce gouvernement a fait des annonces et c'est un renoncement. Je n'ai jamais vu même une loi aussi anti-écolo." 

"Pars Nicolas Hulot, sinon tu ne pourras pas rester droit dans tes bottes"

Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, peut-il rester au gouvernement ? Pas pour Michèle Rivasi. "Comment peut-on rester dans un gouvernement qui est là pour faire plaisir au privé et pas à l'intérêt général ?", glisse-t-elle. Pour elle, l'Etat veut faire plaisir aux lobbys, mais ne cherche pas à lutter contre le changement climatique, ni à se bagarrer pour la santé. "Je lui donne un conseil ce matin : Pars Nicolas Hulot, sinon tu ne pourras pas rester droit dans tes bottes", lance l'eurodéputée.