Climat – Environnement

Pastilles d'iode dans les Ardennes : "Il faut élargir la zone de distribution"

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne jeudi 21 janvier 2016 à 10:55

© Maxppp

Une campagne d’information sur la distribution préventive de comprimés d’iode démarre en France aux abords des centrales nucléaires. Dans les Ardennes, les habitants vivant dans un rayon de 10km autour de Chooz sont concernés. "Cette zone est insuffisante", disent les écologistes ardennais.

Dans les semaines à venir, des milliers de comprimés d'iode seront distribués aux habitants vivant à moins de 10km d'une centrale nucléaire. 500 000 foyers sont concernés en France, dont tout ceux autour de la centrale de Chooz. Les 7.000 habitants de Givet, par exemple, recevront des comprimés, alors que les 3 600 habitants de Fumay n'en recevront pas. 

Une aberration selon l'élu Europe Ecologie Les Verts Christophe Dumont : "Après l'accident de Fukushima, on s'est rendu compte que c'est une zone de 50km autour de la centrale qui était contaminée, or là, la Belgique ne distribuera aucun comprimé, on pense encore que le nuage va s'arrêter à la frontière". L'élu d'opposition à la mairie de Charleville-Mézières cite le Luxembourg, où tout le territoire est concerné.

"Il faut élargir la zone de distribution"  disent les écologistes

Ces comprimés d'iode sont à prendre en cas d'alerte nucléaire. Ils saturent la glande thyroïde et évitent ainsi les risques de maladie type cancer. Ils sont renouvelés tous les 6 ou 7 ans auprès des populations les plus exposées, mais pour les communes hors zone, l’autorité de sûreté nucléaire affirme qu'en cas d'accident, elle serait en mesure de distribuer en urgence des stocks de comprimés départementaux. 

Une Campagne d’information sur cette distribution de comprimés d’iode démarre aujourd'hui. Une réunion est organisée ce jeudi à 18h30 au complexe René Morlet de Chooz. Tous les renseignements au 0 800 96 00 20.  

Zoomez et déplacez vous sur notre notre carte interactive pour savoir si vous habitez dans la zone de distribution des pastilles d'iode. 

 "Le risque existe et il est probable"

Lors de la précédente campagne de distribution en 2007, seule la moitié des personnes concernées s’étaient rendue en pharmacie pour retirer ses comprimés d’iode. "C’est insuffisant", disent les services de l’Etat et EDF, qui prend à sa charge tous les frais de la campagne. 

Insuffisant, d'autant que "le risque est probable", renchérit l'élu ardennais Europe Ecologie Les Verts Christophe Dumont : "Il faut passer à autre chose que le nucléaire, aux énergies renouvelables. On n'a jamais vu de distribution de pastilles d'iode à proximité d'éoliennes".

L'autorité de sûreté nucléaire, elle, avoue que la situation du parc nucléaire français est préoccupante. Elle pointe même le manque de moyens humains (il manquerait 200 personnes) pour assurer la sûreté des réacteurs, en particulier des plus vieux.

Christophe Dumont