Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

Pénurie d’eau à Flavigny-sur-Ozerain : le réseau est coupé la nuit

vendredi 25 août 2017 à 6:00 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne et France Bleu

Le village de Flavigny-sur-Ozerain, en Côte-d'Or, manque d'eau. Depuis lundi 21 août, la municipalité a décidé de couper l'eau entre 18h et 8h. Ce n’est pas tant la sécheresse qui est en cause que l’afflux de touristes. La source qui alimente la commune ne peut pas suivre la consommation.

Avec son patrimoine attractif, Flavigny-sur-Ozerain doit faire face à l'afflux de touristes gros consommateurs d'eau.
Avec son patrimoine attractif, Flavigny-sur-Ozerain doit faire face à l'afflux de touristes gros consommateurs d'eau. © Radio France - Jacky Page

Flavigny-sur-Ozerain, France

Autrefois, le manque d’eau revenait chaque été à Flavigny-sur-Ozerain, du fait des fuites sur le réseau. Mais depuis que toutes les canalisations ont été refaites, le problème ne s'était plus posé depuis quinze ans. Cette fois, la pénurie « trouve sa source » dans l’activité à laquelle ce village, qui tombait en ruines il y a un demi-siècle, doit sa renaissance : le tourisme. Classée parmi les plus beaux villages de France, la petite cité médiévale vient de connaître un pic de fréquentation qui a mis le château d'eau presque à sec.

La population double pendant l'été

« En juillet-août, compte-tenu de l’attractivité du village, on double la population, de 250 en moyenne, on passe à 500 », constate Jean-Jacques Vanhalst, premier adjoint au maire. La source a un débit régulier, de 120 mètres cubes par jour, mais autour du 15 août, la consommation est montée à 150 mètres cubes. Le château d’eau n’a pas pu suivre et s’est retrouvé presque à sec, si l’on excepte la réserve intouchable réservée aux pompiers en cas d’incendie. Le niveau était si bas qu’une coupure est intervenue lundi à 11 heures.

D’où cette décision énergique prise par la municipalité : couper l’eau entre 18 heures et 8 heures. Un créneau nocturne moins pénalisant pour la population et les activités économiques. Il reste même assez de précieux liquide dans le réseau, pour alimenter les habitants au-delà de l’heure fatidique de la coupure, précise Genest Brigand, troisième adjoint : « En fermant à 18 heures, le haut du village n’a plus d’eau deux heures après, et le bas de la commune peut avoir de l’eau toute la nuit ».

S'organiser différemment pour tenir compte de la coupure

A Flavigny, il y a bien le camp des râleurs, qui comprennent mal une coupure aussi longue, mais « préfèrent ne rien dire, puisque de toute façon on n’a pas le choix ». Mais beaucoup s’accommodent de ce mauvais moment à passer, comme cette mère de famille : « on remplit une bouteille d’eau pour la nuit, on se lave avant, on s’organise autrement, et sincèrement, c’est quelque chose qui peut se faire ».

La fabrique d'anis de Flavigny ne consomme que 700 litres d'eau par jour pour produire ses confiseries - Radio France
La fabrique d'anis de Flavigny ne consomme que 700 litres d'eau par jour pour produire ses confiseries © Radio France - Jacky Page

La fabrique de bonbons Les anis de l'Abbaye de Flavigny utilise 700 litres d'eau chaque jour pour sa production. Catherine Troubat, la gérante, doit composer avec les horaires de coupure : « on commence à 3 heures du matin. Mais on a une petite réserve d’eau qui nous permet de travailler jusqu’à la réouverture du réseau à 8 heures. On arrête avant 18 heures parce qu’après il faut rincer les bassines et les tuyauteries. » 250 visiteurs passent chaque jour au magasin d’usine, dans le musée et les ateliers. Catherine Troubat a calculé que la seule utilisation des toilettes entraînait une consommation de 2400 litres. Alors elle réfléchit à des solutions, comme la récupération de l’eau de pluie sur les toitures pour alimenter une citerne réservée aux toilettes.

A la ferme auberge La Grange, Marie-Françoise participe comme elle le peut à l’effort collectif : « Je récupère l’eau que les gens laissent dans les bouteilles, et j’arrose les fleurs avec. Si tout le monde fait attention, je pense qu’on on récupérera, de l’eau ». C’est aussi l’avis des élus, qui vont engager à la rentrée une réflexion sur la façon d’éviter une répétition de ce fâcheux événement. En attendant, les efforts portent leurs fruits puisque le niveau a bien augmenté dans le château d’eau, laissant espérer un retour rapide à la normale.