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Climat – Environnement

Pesticides dans les vignes : "La prise de conscience doit maintenant se concrétiser" pour le Dr Pierre-Michel Périnaud

vendredi 27 avril 2018 à 9:20 Par Florence Pérusin, France Bleu Gironde et France Bleu

Pierre-Michel Périnaud préside l’association Alerte Médecins Pesticides, basée à Limoges, et qui rassemble une centaine d'adhérents dans toute la France. Ces médecins assurent constater dans leurs cabinets de plus en plus de pathologies liées aux pesticides utilisés massivement en agriculture.

Pierre-Michel Périnaud préside l'association Alerte Médecins Pesticides
Pierre-Michel Périnaud préside l'association Alerte Médecins Pesticides - Pierre Michel Périnaud

Bordeaux, France

France Bleu Gironde : La fin annoncée des pesticides dans le vignoble bordelais est-elle un effet de communication ou une vraie volonté selon vous ?

Pierre-Michel Périnaud : J’ai très peur  qu’on se contente de positions de façade pour l’instant qui consistent à dire oui on a connaissance du danger, certes les produits sont dangereux, mais nous savons les manipuler et nous allons progresser de ce point de vue là. Nous ce n’est pas ce que nous disons. Pour nous, ces produits sont dangereux pour l’homme mais aussi pour la faune et la flore, et les réponses à apporter ne sont pas techniques sur leur manipulation mais sur comment faire pour les remplacer. Une question qui pose  donc le problème de la survie de notre modèle agricole actuel. Et là-dessus, il est temps d’avancer, car les alertes scientifiques sont de plus en plus nombreuses ces dernières années. 

Les viticulteurs du bordelais vont-ils dans le bon sens et ont-ils entendu votre message ?

Je vais vous donner un exemple que je connais mieux qui est celui de la pomiculture dans le Limousin. De la même façon que dans le bordelais, nous sommes depuis plusieurs années en discussion avec les pomiculteurs et nous avons réussi à établir une charte avec eux pour aller vers une agriculture plus respectueuse de l’homme et de la nature. Nous avons donc commencé un travail sur les molécules les plus dangereuses qu'ils utilisent, à partir des listes de produits qu'ils ont bien voulu nous fournir, ce qui est à saluer.  Par contre, les molécules les plus  dangereuses sont aussi celles sur lesquelles sont fondées leurs techniques agricoles, donc cela serait très difficile pour eux de les éliminer sans un changement complet de leurs pratiques. Je ne remets pas en cause leur volonté de voir comment on peut faire autrement mais je pense que le système agricole dans lequel ils sont les condamne à utiliser ces saloperies. 

Quelles mesures faut-il prendre en priorité ?

Il faut d'abord accélérer le processus de reconnaissance des maladies professionnelles liées aux pesticides. Des travaux ont été lancés mercredi 18 avril par 4 ministres pour améliorer cette reconnaissance, mais on a 50 ou 60 ans de retard dans ce domaine! Ce point est essentiel  car c’est comme ça qu’on reconnaîtra officiellement le danger de ces produits qui pour l’instant est largement nié. Ce chantier est énorme et il nous semble prioritaire.

Il y a par ailleurs un autre point essentiel au niveau européen: c’est le processus d’évaluation des pesticides dans lequel les industriels ont un poids énorme. Ce sont eux-mêmes qui définissent les tests, et qui les réalisent pour déterminer si leurs produits sont dangereux ou pas, ce qui est un peu court en terme d’impartialité et de neutralité ! La moindre des choses serait qu’il y ait une possibilité de contre expertise. Mais ça c’est du très long terme. Les agriculteurs doivent néanmoins entendre qu’un jour ou l’autre, ils devront  se passer de ces produits qui sont très toxiques et c’est pour ça qu’il faut dès maintenant travailler les alternatives, et alternative la plus aboutie, à nos yeux, c’est le bio.

Grand débat ce vendredi 27 avril

"Le vignoble bordelais et les pesticides : la révolution en marche ?" C'est le thème du grand débat organisé par France Bleu Gironde en partenariat avec Kedge Business School et Forum Events vendredi 27 avril de 18h30 à 20h à Station Ausone à Bordeaux.

Nos invités :

  • Bernard Farges, vice-président du CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux)
  • Jacques-Olivier Pesme, directeur de la Wine & Spirits Academy du groupe Kedge
  • Henri Plandé (Alerte Pesticides Haute Gironde)
  • Christelle Dubos, députée LREM de la 12e circonscription de Gironde (Entre-deux-mers)
  • Dominique Techer, viticulteur bio et secrétaire départemental de la Confédération paysanne

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.