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Peut-on encore se passer des OGM?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace lundi 17 février 2014 à 11:46

OGM : les Français méfiants
OGM : les Français méfiants © IDÉ

Le Sénat a rejeté ce lundi une proposition de loi pour interdire la culture du maïs OGM en France. Un texte qui était pourtant soutenu par le gouvernement.

Retrouvez l'interview en intégralité de Daniel Stark, porte-parole de la Confédération Paysanne en Alsace

Retrouvez l'interview en intégralité de Jean-Luc Evrard, ingénieur chercheur au CNRS

Le gouvernement veut interdire la culture du maïs OGM en plein champ en France. Le ministre de l'agriculture, Stéphane le Foll l'a rappelé la semaine dernière. Il soutenait une proposition de loi en ce sens soumise au Sénat ce lundi. Elle a été rejetée. Si le gouvernement souhaite qu'un nouveau texte soit examiné à l'Assemblée nationale, il devra demander à un député de le faire.

"C'est une déception" , pour Daniel Stark, porte parole de la Confédération Paysanne en Alsace. "Les OGM sont une fuite en avant, il y a d'autres solutions à mettre en place pour nourrir la population. Ces OGM développent une plus grande dépendance des agriculteurs, c'est tout le système économique mondial qu'il faut revoir."

Le Conseil d'État a annulé l'été dernier le moratoire sur la culture du MON810 dans l'Hexagone pour non conformité au droit européen. Et la commission européenne devrait bientôt autoriser la mise sur le marché du TC 1507 du groupe DuPont-Pionner.

Quatre OGM autorisés en Europe

Aujourd'hui, les États n'ont qu'un moyen pour interdire sur leur territoire des OGM autorisés par Bruxelles: la clause de sauvegarde. Or "les clauses de sauvegarde sont contestées juridiquement parce qu'elles ne peuvent être appliquées uniquement lorsqu'il y a un danger imminent" , regrette le ministre.

Quatre OGM ont obtenu une autorisation de culture en Europe, mais un seul est encore cultivé: le MON810. Les autres, deux maïs (BT176 et T25) et la pomme de terre Amflora, ont été abandonnés.

"La culture en plein champ du maïs n'a pas de répercussions négatives sur l'environnement" , explique Jean-Luc Evrard, ingénieur chercheur au CNRS. "Pour le colza par contre il y a des risques de croisements avec d'autres plantes qui posent problème" . Mais selon le directeur adjoint de de l'institut de biologie moléculaire des plantes à Strasbourg, il est illusoire de croire qu'on peut se passer des OGM. "Depuis les années 70, on consomme plus que ce que la terre peut produire naturellement."

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