Climat – Environnement

Les physalies, redoutables méduses, débarquent sur les plages du Cotentin

Par Benoît Martin, France Bleu Cotentin et France Bleu mercredi 15 novembre 2017 à 10:40

On dirait une bouée, mais n'allez pas la toucher! La physalie est une des 10 espèces animales les plus dangereuses en France.
On dirait une bouée, mais n'allez pas la toucher! La physalie est une des 10 espèces animales les plus dangereuses en France. © Maxppp - Thierry Creux

Les témoignages faisant état de physalies échouées sur nos plages se multiplient ces derniers jours. S'il n'y a pas lieu de paniquer, il faut observer quelques règles de prudence avec cette espèce proche des méduses et particulièrement redoutable.

Après les dents de la mer, place aux tentacules de la mer. Après Siouville et Dielette, le week-end dernier, des spéciments de physalies ont été retrouvés en nombre à Querqueville et sur la plage d'Urville-Nacqueville dans le Nord du Cotentin. Le problème, c'est que cette espèce, proche des méduses, est classée parmi les 10 plus dangereuses en France en raison de ses filaments urticants et vénéneux. Des filaments qui provoquent de graves brûlures qui peuvent s'accompagner de douleurs musculaires, de gênes respiratoires, de défaillances rénales, et dans certains cas extrêmes, mener à un décès.

Des physalies sont arrivées en nombre sur la plage d'Urville-Nacqueville  - Radio France
Des physalies sont arrivées en nombre sur la plage d'Urville-Nacqueville © Radio France - Anthony Raimbault

Prévenir les secours dès que l'on est piqué

La petite bête ne fait pas les choses à moitié. Ses fameux filaments peuvent mesurer jusqu'à 50 mètres de long et ils sont difficilement repérables dans l'eau. De quoi faire passer l'envie de se baigner ! Fort heureusement, la saison n'est pas propice à cette activité et dès samedi, jour de la découverte de ces physalies, des pancartes ont été installées à chaque accès de la plage de Siouville, les écoles de voile et de surf ont été prévenues, comme les pompiers du secteur. Le même type de mesures doit être pris à Urville où pas moins d'une quinzaine de physalies ont été repérées ce mercredi matin entre le fort et l'école de voile. "Il ne faut surtout pas les toucher", souligne Pierre-Yves Bouisse, le responsable des aquariums de la Cité de la Mer, invité de France Bleu Cotentin. "Les tentacules de cet animal sont recouverts de petits crochets par lesquels la physalie éjecte son venin. Si l'on est piqué, il faut tout de suite prévenir un médecin ou un centre de secours", poursuit le biologiste.

Le réchauffement climatique explique-t-il la présence des physalies dans la Manche ?

Ce qui surprend le plus, c'est l'arrivée de cette espèce sur nos côtes, car elle vit normalement dans les eaux tropicales. Mais ces derniers temps, des spécimens ont été retrouvés sur les plages françaises, d'abord sur la côte Atlantique, puis sur les côtes du Finistère, et donc désormais, dans le Cotentin. Cette présence aussi loin au Nord peut s'expliquer par la manière de voyager de l'animal. Il se laisse dériver en flottant à la surface de la mer, porté par les courants et aurait donc pu rejoindre nos côtes à la faveur du Golf Stream. Reste à savoir si la présence de ce visiteur pas très fréquentable va s'intensifier dans les années à venir, sous l'effet du réchauffement du climat et des eaux des océans.