Climat – Environnement

Pic de froid : l'usine chimique Arkema à Jarrie peut être arrêtée à tout moment par RTE

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère mercredi 18 janvier 2017 à 16:07

En Isère, Arkema fabrique de l'eau oxygénée et du chlore
En Isère, Arkema fabrique de l'eau oxygénée et du chlore - Arkema-Jarrie

En cette période de grand froid, l'alimentation électrique du pays est sous haute surveillance. Pour éviter de plonger la France dans le noir, des délestages sont prévus. Vingt-et-un sites industriels, gros consommateurs d'électricité, sont concernés, comme l'usine Arkema de Jarrie (Isère).

Le site isérois d'Arkema, à Jarrie, est l'un des premiers producteurs d'eau oxygénée au monde ! Et pour fabriquer de l'eau oxygénée, il faut beaucoup d'électricité. "C'est notre matière première" explique Jacques Barbier, directeur d'Arkema Jarrie. "On consomme autant, chaque jour, qu'une ville comme Grenoble!"

l'une des installations qui permet de fabriquer de l'eau oxygénée - Aucun(e)
l'une des installations qui permet de fabriquer de l'eau oxygénée - Arkema-Jarrie

Arkema consomme autant en électricité qu'une ville comme Grenoble (160 000 habitants)

C'est pourquoi en juin dernier, le groupe a passé un contrat avec RTE, dit d'interruptabilité. En clair, cette filiale d'EDF peut prendre la main pour couper en cinq secondes seulement les installations d'Arkema afin d'éviter toute rupture d'énergie. "En juin dernier, nous avons fait un test grandeur nature et tout s'est bien passé" souligne Jacques Barbier. "Nos équipes sont prêtes. Ce n'est pas dangereux."

Le site d'Arkema Jarrie, classé Seveso2 - Aucun(e)
Le site d'Arkema Jarrie, classé Seveso2 - Arkema-Jarrie

Reste que les coupures peuvent aller de trente minutes à quatre heures, mais qu'ensuite il faut vingt-quatre heures aux équipes d'Arkema, qui emploie 350 personnes, pour redémarrer la production d'eau oxygénée et de chlore. "Bien sûr, il y a un manque à gagner pour nous, nous sommes indemnisés en partie. Mais, nous l'acceptons" conclut Jacques Barbier.

Jacques barbier, directeur d'Arkema-Jarrie - Radio France
Jacques barbier, directeur d'Arkema-Jarrie © Radio France - Véronique Pueyo

"Pour redémarrer l'usine, il nous faut 24 heures !"
— Jacques Barbier, directeur du site de Jarrie (Isère)

Pour l'instant, RTE n'a pas privé Arkema de courant. Mais si les températures continuent de baisser, cela pourrait arriver et pour Arkema-Jarrie, ce serait alors une première.

S'il doit y avoir coupure, les salariés d'Arkema sont prêts