Climat – Environnement

Pluie et inondation : avez-vous les bons réflexes ?

Par Aurélie Lagain, France Bleu Vaucluse lundi 25 septembre 2017 à 18:15

Bateau des pompiers de Vaucluse
Bateau des pompiers de Vaucluse © Radio France - Aurélie Lagain

Les autorités lancent leur deuxième campagne de communication autour des réflexes à avoir en cas de pluies intenses.

Pour la deuxième année consécutive, le gouvernement lance dans 15 départements concernés par les épisodes méditerranéens une campagne pour adopter les bons comportements et les bons réflexes.

Des conseils qui peuvent paraître basiques : s'informer, ne pas prendre sa voiture, s'éloigner des cours d'eau, ne pas descendre dans les sous-sols, ne peut aller chercher les enfants à l'école.

Pourtant, même en étant né en Vaucluse, on peut avoir la mémoire courte question catastrophe : "On a une grande faculté d'oubli", rappelle Jean-Christophe Moraud, le préfet de Vaucluse.

Les autorités s'adressent aussi aux nouveaux habitants, car le Vaucluse en accueille beaucoup chaque année : "Ces habitants viennent d'un peu partout en France et peuvent ignorer en toute bonne foi d'ailleurs ce que sont ces risques d'inondation à la suite d'épisodes méditerranéens".

Ce qui inquiète les autorités, c'est bien sûr le Rhône, mais il grossit petit à petit. Ce que l'on redoute, ce sont les "lames d'eau dévastatrices", qui déferlent sur les plus petits cours d'eau.

"Les rivières est-ouest, le Lèz, l'Aigues, l'Eze, qui prennent leur source sur les bassins versants des pré-Alpes et du Ventoux et peuvent capter une proportion très importante d'eau lors des épisodes méditerranéens." - Jean-Christophe Moraud, préfet de Vaucluse

Les crues sont alors soudaines, il y a parfois moins de six heures entre les premiers signes d'alerte et l'arrivée de la lame d'eau : "Nous sommes alertés le matin pour le midi".

Des pluies intenses, c'est 150 mm d'eau en 24 heures, soit 150 litres d'eau par mètres carrés. En Vaucluse, en moyenne en une année, c'est 750 à 770 litres d'eau.

Le préfet dénonce aussi des accidents "bêtes" : prendre des risques pour passer un pont inondé, ou prendre des photos au péril de sa vie...

À Cavaillon, une réserve citoyenne

Mais les services de prévision (Météo France, Prédict, Vigicrues...) ont fait beaucoup de progrès. Des PPRI (plans de préventions des risques d'inondations) sont en place un peu partout. Celui de Cavaillon sur le Coulon est en "cours de finalisation", précise Jean-Claude Bouchet, maire jusqu'en 2017 de la commune.

Des travaux ont aussi été réalisé après le 15 décembre 2008. Ce jour-là, des barques s'étaient retrouvées au milieu du quartier des Ratacans, notamment, des quartiers inondés.

"J'avais l'impression d'être sur une île." - Jean-Claude Thévenin, riverain

Jean-Claude Thévenin, habitant de la route de Gordes, près du pont sur le Coulon, se rappelle : "En mettant le nez à la fenêtre de ma maison, j'avais l'impression d'être sur une île, puisque les routes étaient complètement submergées, ainsi que sur les terres".

Des travaux ? 13 millions d'euros investis pour "consolider les digues, mettre des clapets anti-retour", précise Jean-Claude Bouchet, le maire.

Gilets jaunes sur les épaules, 43 bénévoles forment la toute nouvelle réserve communale de sécurité civile. Beaucoup font partie de l'association des riverains du Coulon à Cavaillon et Robion, comme Michel Ticchi son président : "La population par notre biais est informée de ce qui se passe, des risques. Le jour où il y a une inondation, on est là pour aider, pour dire aux pompiers : "attention il y a un couple de personnes âgées qui n'a pas été avisé..."