Climat – Environnement

Plus d'une centaine de morts l'an dernier à Grenoble à cause de la pollution de l'air

Par Nicolas Crozel et Denis Souilla, France Bleu Isère mardi 4 octobre 2016 à 9:16

Rémy Slama sur France Bleu Isère
Rémy Slama sur France Bleu Isère © Radio France - Nicolas Crozel

Entre 3 et 7% des décès l'an dernier dans l'agglomération grenobloise seraient dus à la pollution de l'air aux particules fines, le constat est à peu près le même dans le bassin lyonnais (entre 4 et 8%) selon une étude menée par un laboratoire grenoblois.

Pour la première fois, une étude permet d'établir le lien entre certains décès et la pollution aux particules fines dans l'air qu'on respire, et prend en compte la défaveur sociale à Grenoble. Cette étude menée par le laboratoire grenoblois IAB (Institut pour l’Avancée des Biosciences) a été conduite par Rémy Slama et son équipe de chercheurs en épidémiologie environnementale. Les conclusions sont sans appel : en 2015, entre 3 et 7% des décès dans l'agglomération grenobloise sont dues à l'air pollué respiré par les victimes. L’estimation des chercheurs est que, sur les 2250 décès annuels dans l’agglomération, entre 71 et 157 sont attribuables à l’exposition aux particules fines en suspension (PM 2,5).

Lire l'étude de l'IAB (voir au bas de cet article)

"La difficulté, explique Rémy Slama, est que la pollution atmosphérique n’apparaît pas dans les statistiques sur les causes de décès. Le travail, réalisé par Xavier Morelli avec la collaboration d’Atmo-Auvergne-Rhône-Alpes, a consisté à estimé, parmi les décès par maladies cardio-vasculaires et respiratoires, combien ont été causés par la pollution par les particules fines. L’approche utilisée est ce qu’on appelle une étude quantitative d’impact sanitaire." L’étude montre aussi que la pollution aux particules entraîne une augmentation de certains cancers, des complications pour certaines grossesses et est responsable de certaines naissances de bébés en très petit poids.

Remy Slama invité de France Bleu Isère Matin

"Bruxelles est responsable car les seuils d'alerte sont trop haut"

Parmi les causes de la pollution, il ne faut pas uniquement accuser les voitures, estime Rémi Slama, "les chauffages au bois défaillants ont une large part de responsabilité". Quand aux mesures à prendre, le scientifique grenoblois estime que les politiques français et européens ont du travail car à l'heure actuelle, explique Rémy Slama, en réponse à la question d'un auditeur, "les seuils de pollution sont deux fois et demi plus élevés que ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé. De ce point de vue là, les américains sont en avance sur nous car ils appliquent des seuils tout près de ceux recommandés par l'OMS."

Rémi Slama répond aux questions des auditeurs

↓ Consultez l'étude complète de l'IAB (en anglais)

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