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Climat – Environnement

Poitou : les apiculteurs toujours plus inquiets pour leur avenir

lundi 30 octobre 2017 à 6:53 Par Fanny Bouvard, France Bleu Poitou et France Bleu

Alors que deux nouveaux pesticides pourraient être bientôt être autorisés par l'Etat. L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire doit mener une étude jusqu'au début de l'année prochaine. Une très mauvaise nouvelle pour les apiculteurs de la Vienne et des Deux-Sèvres.

Illustration : Certains apiculteurs comptent jusqu'à 90% de pertes dans leurs rûchers.
Illustration : Certains apiculteurs comptent jusqu'à 90% de pertes dans leurs rûchers. © Radio France - Julio PELAEZ

Poitiers, France

"On ne comprend plus la position de l'Etat", s'agace Sébastien Pommier, apiculteur à Prahecq dans les Deux-Sèvres et président de l'Association du Développement Apicole de Poitou-Charentes. Alors que cinq pesticides (des néonicotinoïdes) doivent être interdits en septembre 2018, l'ANSES a donné le feu vert il y a quelques semaines à l'utilisation de deux nouveaux produits, à base d'une autre molécule, le sulfoxaflor. Le gouvernement lui a demandé de revoir sa copie et de rendre un nouvel avis dans trois mois.

"On a déjà assez de soucis comme ça ! De nouveaux pesticides qui vont nous renvoyer en arrière, ça n'est pas possible." Christophe Baudoin, apiculteur à Moutiers- sous-Argenton (79)

Une situation alarmante dans le Poitou

Selon l'Union nationale de l'apiculture française, les néonicotinoïdes, pesticides neurotoxiques, engendrent la mort de 300.000 à 400.000 colonies d’abeilles, chaque année dans notre pays. "C'est clair que l'on subit des pertes depuis maintenant 20 ans et ça ne s'améliore pas", détaille Sébastien Pommier. "Sur nos colonies, l'effet est clair. On constate des pertes de 20 à 50%, voire même beaucoup plus que ça certaines années."

Pour Christophe Baudoin, c'est en moyenne 50% chaque année. "C'est environ 25% pour la période hivernale et 25% pour la haute saison", raconte-t-il. Installé depuis cinq ans, ces 1.000 ruchers sont dispersés entre quatre départements les Deux-Sèvres, la Vienne, l'Indre-et-Loire et le Maine-et-Loire. "Je me dis maintenant que je pourrais arrêter d'ici quatre ou cinq ans, confesse-t-il. Parce que c'est devenu un véritable sacerdoce. Je travaille parfois 70 heures par semaine et je retire un SMIC".

Les plus belles heures de l'apiculture poitevine ? Un vieux souvenir

Il y a trente ans, Poitou-Charentes était la première région productrice de miel d'Europe. "A l'époque, on travaillait directement avec les grossistes, se souvient Sébastien Pommier. Mais maintenant les jeunes privilégient la vente directe pour s'assurer un meilleur revenu". Le président de l'ADA a lui opté pour la transhumance et une récolte supplémentaire chaque année. "Je transhume mes ruches en Corrèze et en Haute-Vienne de fin mai à mi-juillet. Avec les fleurs sauvages et les bois, je fais une récolte de plus et parfois ça sauve une année !".