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A Antony, ce sont les fleurs qui mesurent la pollution

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 29 novembre 2016 à 3:35 Mis à jour le mardi 29 novembre 2016 à 8:00

Des choux frisés plantés à Antony pour absorber la pollution
Des choux frisés plantés à Antony pour absorber la pollution © Radio France - Fanny Lechevestrier

Quand les végétaux mesurent la pollution. La ville d'Antony, dans les Hauts-de-Seine, s'est lancée dans une expérimentation originale : ici, on mesure la pollution en observant les plantes. Un programme expérimental où les plantes deviennent des bio-indicateurs, mais aussi des dépollueurs.

La pollution, dites-la avec des fleurs! La pratique est encore peu répandue mais depuis bientôt deux ans, la ville d'Antony, dans les Hauts-de-Seine, s'est lancée dans une expérimentation pour le moins originale : sur son territoire, ce sont les plantes et non des appareils scientifiques qui mesurent la pollution. Un programme encore expérimental testé depuis près de deux ans par la mairie, où les plantes servent d'indicateurs de pollution, mais aussi de dépollueurs.

Du tabac, des pétunias ou des choux frisés

Si vous vous promenez à Antony, vous verrez ainsi des plants de tabac, des pétunias mais aussi de nombreux choux frisés. Chaque plante a un rôle à jouer. Elles servent tout d'abord de bio-indicateurs : ainsi, le tabac va permettre de mesurer la pollution à l'ozone, les pétunias vont indiquer les traces d'hydrocarbures. Quant aux choux frisés, ils vont non seulement mesurer la pollution au benzène mais aussi l'absorber et jouer un rôle dans la détoxification de l'air : ce sont des plantes bio-accumulatrices. Comment cela marche? "Les plantes bio-indicatrices vont porter les conséquences de cette pollution par des signes visibles de tous" nous explique Ioannis Vouldoukis, conseiller municipal d'Antony en charge de la Santé et des Sciences et à l'origine de l'expérience : "certaines plantes comme le tabac vont présenter des nécroses. Le tabac, vous avez des tâches blanches sur les feuilles. La nécrose, c'est la mort prématurée et c'est ce qui nous indique la présence de polluant." A noter que des plants tests, résistants aux polluants, sont plantés à côté des plants de tabac bio-indicateurs.

Ioannis Vouldoukis, à l'origine du projet, nous explique le fonctionnement des bio-stations

Des points blancs signe de pollution à l'ozone sur les feuilles de tabac - Radio France
Des points blancs signe de pollution à l'ozone sur les feuilles de tabac © Radio France - Fanny Lechevestrier

Une cartographie urbaine de la pollution grâce aux plantes

En tout, en près de deux ans, ce sont plus de 40 bio-stations et 700 plantes qui ont été disséminées dans la ville, au bord des axes routiers, au pied des crèches, des écoles ou encore des maisons de retraite, là où se trouvent les personnes les plus vulnérables à la pollution. Une technique simple et peu coûteuse : le prix des plantes, les mesures et les observations étant ensuite faites en interne par les services communaux. Les plantes, pour Ioannis Vouldoukis, peuvent aussi avoir des vertus pédagogiques en sensibilisant le grand public à la pollution visible par tous. Des étiquettes doivent d'ailleurs progressivement être installées au niveau des bio-stations pour mieux sensibiliser et expliquer aux habitants ce qui est réalisé. Les plantes peuvent également être utilisées comme un premier indicateur de la pollution avant la pose d'appareil de mesure scientifiques plus coûteux mais ainsi mis dans des zones stratégiques et étudiées au préalable.

Et si on en est qu'au chapitre expérimental - impossible de dire encore par exemple combien de choux faudrait-il planter pour dépolluer de manière significative une zone - Antony travaille à dresser grâce aux plantes une cartographie précise de la pollution sur son territoire. Cartographique qui pourrait servir de réflexion pour les prochaines constructions urbaines et les quartiers à privilégier.

Reportage France Bleu à Paris à Antony au milieu des bio-stations

La pratique semble faire quelques émules en France. Des choux ont ainsi été plantés au début du mois de novembre en bord de route, à Besançon.

Les plantations de tabac pour mesurer la pollution à l'ozone  - Radio France
Les plantations de tabac pour mesurer la pollution à l'ozone © Radio France - Fanny Lechevestrier

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