Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Climat – Environnement

Pollution : les experts alertent sur le danger des particules ultrafines

jeudi 5 avril 2018 à 18:11 Par Émilie Defay, France Bleu Paris et France Bleu

Un colloque sur la pollution et son impact sur la santé était organisé jeudi matin à l'Hôtel de Ville de Paris. Chercheurs, scientifiques et médecins étaient réunis pour faire le point sur les dernières recherches. Et ils ont notamment alerté sur le danger des particules ultrafines.

Ces particules ultrafines proviennent majoritairement des véhicules diesel, y compris les plus récents
Ces particules ultrafines proviennent majoritairement des véhicules diesel, y compris les plus récents © Radio France - Emilie Defay

Paris, Île-de-France, France

On entend souvent parler des particules fines, lors des pics de pollution notamment. Mais beaucoup moins des particules ultrafines, ou nanoparticules. Et pourtant ce sont les plus dangereuses pour la santé. A l'occasion d'un colloque sur la pollution organisé par la Ville de Paris jeudi, des experts ont rappelé que ces particules sont particulièrement toxiques.

Le danger vient justement de leur taille. Elles mesurent moins de 0,1 micron, soit moins de 100 nanomètres. Ce qui leur permet de rentrer très profondément dans l'organisme. "_Ces particules ultrafines pénètrent dans l'organisme_, en passant dans le sang. Elles vont se localiser sur les plaques d'athérome, favorisant la survenue d'infarctus ou d'accident vasculaire-cérébral", explique Bruno Housset, chef de pneumologie au centre hospitalier intercommunal de Créteil et président de la Fondation du souffle. 

"L'autre point, c'est qu'elles restent très longtemps dans l'organisme. Elles sont stockées au niveau du foie par exemple, et elles sont relarguées dans l'organisme jusqu'à trois mois après l'inhalation", poursuit le médecin. Leurs effets sur la santé sont donc potentiellement plus importants que ceux des particules de plus grosse taille, les PM 10 et PM 2,5.

Aucune mesure 

Aujourd'hui pourtant, faute de réglementation européenne, le taux de nanoparticules dans l'air n'est pas mesuré. "Même quand on vous dit que le niveau de pollution est faible, vous pouvez avoir un nombre de particules ultrafines très élevé, prévient Thomas Bourdrel, radiologue et fondateur du collectif Strasbourg Respire. "Ce que l'on mesure actuellement n'est pas du tout le bon thermomètre, tout simplement parce qu'il n'y a pas de normes européennes".

Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir alerté. On connaît ces nanoparticules depuis plus de dix ans assure Thomas Bourdrel. "Même les anciens diesel émettaient des particules ultrafines, en plus des PM10. Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, avec les filtres, ces particules sont de plus en plus fines et de plus en plus dangereuses".  Ainsi plus de 90% des particules émises par les nouveaux moteurs diesel sont des particules ultrafines.

Une seule solution est donc vraiment efficace pour lutter contre cette pollution, selon cet expert : éradiquer le diesel des villes. Comme l'a fait Tokyo il y a déjà plusieurs années. "En sept ans, le taux de particules y a baissé de 44%, la mortalité respiratoire de 22% et la mortalité cardiaque de 10%", souligne le médecin. "Tokyo est un modèle pour nous", a assuré Anne Hidalgo, la maire de Paris, qui en a rappelé que la fin du diesel à Paris était prévue pour 2024.