Climat – Environnement

Pollution à Saint-Cyprien après un incendie en 2008 : le procès s'ouvre à Marseille

Par Justine Dincher, France Bleu Saint-Étienne Loire dimanche 16 octobre 2016 à 21:01

(photo d'illustration)
(photo d'illustration) - PHOTOPQR/VOIX DU NORD

En 2008, un gigantesque incendie s'était déclaré à Saint-Cyprien, dans la Loire, sur le site d'une entreprise de recyclage. Une pollution aux pesticides avait été constatée dans les environs, quelques jours plus tard. Plus de 2.000 bêtes avaient du être abattues. Le procès s'ouvre à Marseille.

8 ans après l'incendie, c'est l'heure du procès. Le 22 août 2008, un incendie dont l'origine n'a toujours pas été établie (criminelle ou accidentelle), s'était déclaré à Saint-Cyprien, sur le site de l'entreprise Vitale Recyclage. 30.000 mètres cubes de bois, notamment des palettes, étaient partie en fumée, d'après le maire. Les pompiers avaient mis 10 jours pour éteindre le feu.

Quelques jours plus tard, on découvrait que la nappe phréatique et l'air étaient pollués aux pesticides (PCB). L'enquête n'a jamais permis d'établir si cette pollution provenait bien de l'incendie de l'entreprise Vitale Recyclage. Il n'empêche que la commune a porté plainte. Le procès s'ouvre aujourd'hui. Les conséquences avaient été lourdes pour les agriculteurs.

2.000 têtes de bétail abattues

La viande et le lait produits dans le secteur avaient été interdits à la vente, à l'époque. Plus de 2.000 têtes de bétails ont du être abattues. "Cela avait été catastrophique", se souvient Gérard Gallot, le président de la FDSEA dans la Loire, "du jour au lendemain, les animaux ne pouvaient plus sortir des exploitations, le lait n'avait plus le droit d'être vendu, la situation est retombée sur les agriculteurs qui n'y étaient pour rien !".

Le président de l'antenne syndicale de la Loire explique qu'aujourd'hui, "tout est rentré dans l'ordre", à quelques exceptions : "il a fallu re-labourer toutes les terres, certaines sont restées polluées et sont impropres à la culture, des bêtes sont toujours surveillées avec des analyses régulières". Gérard Gallot soutient la démarche de la commune. Il espère que des réparations seront faites.

"Il faut laver notre honneur"

La commune de Saint-Cyprien s'est portée partie civile dans cette affaire. Elle a porté plainte contre l'entreprise pour abandon et gestion irrégulière de déchets. D'après elle, l'entreprise n'avait pas les arrêtés préfectoraux nécessaires. Elle aurait dépassé le seuil de stockage de bois autorisé, d'après le maire, Marc Archer, et elle n'aurait pas respecté les consignes pour traiter les suites de l'incendie.

Après un renvoi l'an dernier, le dossier passe de nouveau devant le tribunal correctionnel de Marseille lundi. Pour le maire, ce procès est avant tout symbolique. Il veut que la commune soit reconnue en tant que victime. "Cela suffit ! Il est temps de laver notre honneur", explique-t'il. Il veut que "les pollueurs paient". En 2008, sa commune a beaucoup perdu : "un village sali, mangé à toutes les sauces depuis huit ans". La pollution aux PCB, découverte après l'incendie, a également suscité beaucoup d'anxiété chez les habitants, d'après Marc Archer.

La commune demandera 150.000 euros de réparation à la société Vitale recyclage. Sa demande a peu de chance d'aboutir, il le sait. L'entreprise mise en cause n'est plus solvable aujourd'hui.

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