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Climat – Environnement

Pourquoi la terre tremble souvent dans l'Ouest ?

lundi 12 février 2018 à 18:29 - Mis à jour le lundi 12 février 2018 à 20:50 Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan, France Bleu Poitou et France Bleu

Encore une fois, la terre a tremblé en Vendée, dans la nuit de dimanche à lundi. Ça arrive régulièrement. Notre région est même la troisième zone où il y a le plus de séismes en France derrière les Alpes et les Pyrénées. Pourquoi ? Nous avons posé la question à un spécialiste.

Le Bureau central sismologique français a reçu de nombreux témoignage après le séisme de 4,6 en Vendée
Le Bureau central sismologique français a reçu de nombreux témoignage après le séisme de 4,6 en Vendée - Capture d'écran BCSF

Vendée, France

Avec un niveau de 4,6 sur l'échelle de Richter, le dernier séisme qui a fait trembler le sud-est de la Vendée dans la nuit de dimanche à lundi est plus fort que d'habitude. Il a réveillé bon nombre d'habitants du département mais aussi des Deux-Sèvres toutes proches, puisque l'épicentre se trouve à La-Châtaigneraie, près de Fontenay-le-Comte. Il a aussi fait beaucoup régir sur les réseaux sociaux, même si la terre tremble régulièrement en Vendée. C'est d'ailleurs la troisième région de France où il y a le plus de séismes, derrière les Alpes et les Pyrénées. Sur ces 10 dernières années, près d'une centaine de secousses ont été recensés dans la zone. 

Nous sommes sur une vieille croûte pleine de petites failles

Mais pourquoi y a-t-il autant de tremblements de terre dans le secteur ? "C'est un phénomène qui n'est pas très bien compris", selon Mickaël Bonnin qui est sismologue à l'Observatoire des sciences de l'univers Nantes-Atlantique. "Nous sommes loin des limites de plaques qui se trouvent dans les Pyrénées, dans les Alpes et dans l'océan Atlantique. L'une des explications, c'est que nous sommes sur le massif armoricain, une croûte ancienne qui n'a pas bougé depuis 300 millions d'années, mais qui est pleine de petites failles. Et ces failles, elles bougent. Pourquoi ? On a encore du mal à l'expliquer précisément. Nous avons de fortes marées dans cette zone, ça peut être une hypothèse".

En tous cas, comme il y a des failles un peu partout, il y a aussi des tremblements de terre un peu partout sur le territoire : "la croûte se casse un peu partout", poursuit Mickaël Bonnin. "Mais les séismes que nous avons s'atténuent rapidement. On ne les ressent pas très loin de l'épicentre. Les gens qui sont au-dessus vont sentir les vibrations, mais quelques kilomètres plus loin, les gens n'entendent qu'un bruit, comme un camion ou un train qui passe".

Nous avons des contraintes supplémentaires en terme de construction, ce qui représente un surcoût de 4.000 à 5.000 euros pour une maison individuelle

Pour autant, depuis 2011, la Vendée, le sud de la Loire-Atlantique, les Mauges et le Poitou sont passés en risque sismique "modéré", ce qui a fait évoluer les règles en terme de construction. "Nous avons des contraintes supplémentaires", explique Mathieu Raducanu qui est ingénieur à la Fédération du bâtiment en Vendée. "Ça concerne le ferraillage du béton, les calculs de structure, qui doivent prendre en compte le risque sismique. C'est essentiellement pour éviter l'effondrement des bâtiments. Ça n'empêche pas les fissurations et les dégâts d'ordre esthétique sur les bâtiments. Cette réglementation sert uniquement à éviter qu'il y ait une souche de cheminée qui tombe, que des éléments dans la construction se décrochent et tombent à l'intérieur ou, carrément, une destruction de la structure. C'est surtout contraignant en terme de coût : il faut compter de 4.000 à 5.000 euros de plus pour une maison individuelle, à la charge du client". Et cette réglementation vaut aussi pour les rénovations et la construction d'extensions.

Quand il y a dégâts, le séisme n'est en général pas la seule raison

Et pour les bâtiments antérieurs à 2011 ? Est-ce qu'il y a un risque avec ces séismes à répétition ? "Les risques les plus importants, ce sont des chutes de tuiles ou de souches de cheminées", explique Mathieu Raducanu. "Souvent, ce n'est pas lié à la construction initiale mais au temps qui passe et au fait que l'ouvrage s'est dégradé dans le temps. À ce moment-là, un petit tremblement de terre peu avoir des conséquences. Mais des chutes d'objets, on en a très peu. Les séismes sont trop faibles. Par contre, ces petits séismes qui s’enchaînent peuvent provoquer des dégradations comme des fissures. Mais, en général, il n'y a pas qu'une seule cause. Il y a aussi les sols qui bougent, le gonflement et le retrait des argiles... les différents facteurs s'accumulent et les séismes viennent s'y ajouter".

Pour ce qui est du dernier en date, il n'y a pas eu de dégâts. Le maire de La-Châtaigneraie a fait le tour des bâtiments de sa commune sans constater de problème. Rien à signaler non plus au niveau du centre de secours qui gère les huit communes alentour.