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Climat – Environnement DOSSIER : Le pourquoi du comment

Pourquoi les pierres de Massangis sont uniques en France

mardi 10 avril 2018 à 12:42 Par Lisa Guyenne, France Bleu Auxerre

A Massangis (Yonne), dans le Tonnerrois, la carrière de pierre calcaire est exploitée depuis plus de 900 ans. Face au redressement judiciaire de l'exploitant, Rocamat, certains s'inquiètent pour l'avenir de ce fleuron de notre patrimoine.

Photo d'illustration - carrière de pierre de granit au Portugal
Photo d'illustration - carrière de pierre de granit au Portugal © Maxppp - Maxppp

Yonne, France

Une pierre reconnue bien au-delà des frontières de notre département 

Sa plus belle vitrine, c'est sans doute Paris. La capitale regorge de monuments construits en pierre de Massangis : on citera par exemple le Trocadéro, le pont d'Iéna, le Musée d'art moderne... Et même les bases de la Tour Eiffel !

Dernièrement, en 2016, la pierre de Massangis a servi à construire le tout nouveau centre orthodoxe russe, à deux pas des quais de Seine. Plus près de chez nous, on retrouve cette pierre à l'abbaye de Fontenay notamment, près de Montbard, ainsi que dans de nombreuses maisons villageoises, puisque son exploitation remonte à plus de 900 ans. 

Pourquoi est-elle si spéciale ?

Nicolas Bonnet est tailleur de pierre, Meilleur Ouvrier de France en la matière. Il travaille sur Arces, à une cinquantaine de kilomètres de Massangis. "C'est une des plus belles pierres françaises, une magnifique pierre, aux très belles couleurs, du beige panaché à des beiges plus sombres. Elle se formidablement bien et dure bien dans le temps. C'est un vrai plaisir."

Un plaisir qui pourrait ne pas durer ?

Dans la région, certains s'inquiètent pour l'avenir de notre belle carrière. Rocamat, le propriétaire, est en redressement judiciaire, et la crainte, c'est que le repreneur décide d'extraire toute la pierre pour la vendre à l'étranger, où elle est très convoitée. En conséquence, les artisans, comme Nicolas Bonnet ne pourraient plus la travailler sur place. "Ce qu'on souhaite, c'est que la personne qui reprenne Rocamat remette en avant cette pierre, et qu'il respecte les pierreux qui l'utilisent. On a besoin de cette pierre. La Bourgogne, l'Yonne en ont besoin. C'est notre patrimoine."

Un patrimoine menacé, car en plus, la pierre française n'a plus la cote

Au même titre que la nourriture, les smartphones ou encore les voitures, le marché de la pierre n'échappe pas à la mondialisation. On trouve moins cher ailleurs, et ça préoccupe nos artisans. "C'est compliqué, on a vu arriver sur le marché de grandes parts de pierres étrangères. Aujourd'hui, peut-être la moitié des monuments funéraires français viennent de Chine, d'Inde... La pierre française n'est pas assez protégée. Il faut la travailler, il faut du temps et du savoir-faire, et ça coûte cher. On est dans une époque où l'argent ne coule pas à flot, donc on a sans doute souffert de tous ces points", explique Nicolas Bonnet.

P/C - Radio France
P/C © Radio France - France Bleu